Le ministre du Tourisme, Michel Pharaon, a souhaité hier que le gouvernement « réussisse à surmonter l'obstacle de la déclaration ministérielle et puisse assurer la mise sur pied d'un compromis au niveau de la rédaction du document, qui s'inscrive dans le prolongement du compromis ayant permis la formation du cabinet ». « La Résistance aujourd'hui n'est plus celle qu'elle était en 1999, en 2006, ou avant la résolution 1701, surtout après sa participation aux combats en Syrie et les répercussions que cela a eu sur le Liban », a-t-il indiqué, soulignant la nécessité que « les principes fondamentaux soient inscrits dans la déclaration ministérielle, sans entrer dans la question du droit des Libanais à la Résistance ». « Il existe une grosse différence entre ce droit et celui des Libanais à participer à la guerre hors du Liban. Le cabinet n'a pas le temps de régler ces questions, qui doivent être renvoyées à la table de dialogue. Le cabinet doit se préoccuper des soucis des citoyens et permettre au pays de se remettre de sa torpeur sécuritaire, politique et économique. Quant à la vision d'avenir des armes de la Résistance, il faudrait s'entendre dessus dans un autre cadre », a ajouté M. Pharaon.
Michel Pharaon a souligné la nécessité que l'échéance présidentielle ait lieu. « Il ne faut pas oublier que cette échéance a déjà posé de gros problèmes au Liban en 1976, 1982, 1988, 2007 et 2008, ce qui avait nécessité la tenue de la conférence de Doha », a-t-il rappelé. « Notre capacité à assurer le succès de la présidentielle fait partie de notre capacité à respecter les institutions, la Constitution, l'intérêt national et celui des citoyens, dans un climat régional complexe et en l'absence de consensus interne, arabe et régional, comme cela s'était produit à Doha. Aussi faut-il contribuer largement à assurer le climat propice à la réussite de cette échéance, notamment à travers la formation du cabinet et la mise sur pied de la déclaration ministérielle », a ajouté le ministre du Tourisme. « Un compromis acceptable dans le cadre des principes constitutionnels est nécessaire. Un compromis qui ne provoque aucune partie, afin de faire passer les 100 jours du cabinet et permettre la tenue de la présidentielle, qui est l'étape politique et constitutionnelle la plus importante, et d'avoir un nouveau président avant l'été. »
M. Pharaon s'est par ailleurs réjoui de la libération des religieuses de Maaloula. « Cette joie doit se compléter par la libération des deux évêques et le retour de tous les disparus libanais », a-t-il dit, rendant hommage au peuple syrien face à « la cruauté » dont il est victime au quotidien.

