Le président français François Hollande aux soldats de l’opération Sangaris : « Des milliers de vies ont été sauvées grâce à vous. » Rey Byhre/Reuters
Le président François Hollande a fixé hier comme impératif d'« éviter la moindre tentation de partition » de la Centrafrique lors d'une visite à Bangui où il a salué l'action des soldats français. Depuis le déclenchement de l'opération Sangaris, dont l'effectif des militaires a été porté à 2 000 hommes, des « progrès considérables ont été accomplis », mais « il reste beaucoup à faire », a souligné M. Hollande devant les soldats, ajoutant que « d'ores et déjà, des milliers de vies ont été sauvées grâce à vous ». « La population est obligée de connaître l'exode. Les bandits terrorisent encore la population, notamment musulmane », a-t-il ajouté. « La mission, c'est de permettre le rétablissement de l'ordre public » pour achever « la transition politique », avec des élections devant être organisées en principe au plus tard en février 2015. « Le défi, c'est la lutte contre tous les ennemis de la paix sans distinction », a-t-il insisté : « Aucun crime ne doit rester impuni. »
À son arrivée à Bangui, M. Hollande a eu un long entretien avec l'état-major de Sangaris et le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian. Il a ensuite inspecté une partie des armes et munitions saisies par les soldats français : mortiers, mitrailleuses, lance-roquettes, lance-grenades, massues cloutées, machettes, arcs et flèches.... « On n'imaginait pas qu'il y ait toute cette diversité d'armes », a-t-il commenté. Un officier lui a expliqué qu'« on récupère en moyenne une tonne d'armes et de munitions par jour ».
« Établir un État »
Mais pour stabiliser durablement un pays à l'histoire particulièrement troublée, il faut un État, a rappelé le président français. « Maintenant l'enjeu, ce n'est même pas de rétablir, mais d'établir l'État », et pour cela « il faut commencer par payer les fonctionnaires », qui ne sont plus payés depuis des mois, a souligné M. Hollande, qui s'est également entretenu avec la présidente de transition, Catherine Samba Panza. Selon M. Hollande, les salaires seront rapidement versés grâce à une aide des pays de la région. Mme Samba Panza a « remercié » le président français pour sa deuxième visite à Bangui depuis le déclenchement de l'opération Sangaris le 5 décembre. « Sans votre intervention, sans votre implication, la République centrafricaine ne vous accueillerait pas dans ce calme relatif », a-t-elle ajouté.
Après leur entretien, M. Hollande et Mme Samba Panza ont participé à l'archevêché de Bangui à une table ronde avec les dignitaires religieux du pays, qui appellent depuis des mois à la fin des violences entre communautés chrétienne et musulmane. Le président français a quitté Bangui hier en fin d'après-midi à l'issue d'une visite de sept heures.
De son côté, Amnesty International a fait écho aux demandes de Paris, réclamant hier au Conseil de sécurité de l'ONU de prendre « urgemment » la décision d'envoyer une force onusienne de 10 000 hommes pour calmer les violences.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine