Rechercher
Rechercher

Liban

Une experte en environnement lance un cri d’alarme : Nos sources se dessèchent

L'absence de pluie et la crise de l'eau qu'on annonce pour l'été inquiètent la population et les experts. L'État, lui, reste aux abonnés absents. Face au risque sérieux de sécheresse qui plane sur le pays du fait de ces rudes conditions climatiques qui ont marqué les mois d'hiver cette année, une experte en environnement, membre de Lebanon Eco Movement (LEM), Jeannine Somma (Ph.D.), a adressé aux ministres de l'Intérieur et des Municipalités, et des Travaux publics et de l'Environnement une lettre ouverte dans laquelle elle lance un véritable cri d'allarme, affirmant que le pays est engagé sur la voie de l'assèchement de la plupart de nos sources en eau. Nous reproduisons ci-dessous la teneur d'une lettre ouverte que l'experte a adressée à ce propos aux ministres de l'Intérieur et des Muncipalités, et des Travaux publics et de l'Environnement :

« Messieurs
Nous vivons aujourd'hui une très grave crise de l'eau. L'impensable se produit : pas de neige.
Pas de neige, donc pas de recharge des nappes souterraines. Les fleuves sont à débit minimum... Les eaux de Jeïta ont un débit inférieur à 91 % de leur débit habituel au mois de février !
Rien qu'à Beyrouth, les rondes de citernes troublent le silence des nuits jusqu'à des heures très tardives. Si aujourd'hui, en février, au cœur de l'hiver, nous en sommes là, que va t-il se passer cet été et l'automne prochain ?
S'il ne neige pas abondement d'ici à fin mars, nous allons vers l'assèchement de la plupart des sources. Les conséquences de cette pénurie d'eau vont bientôt être dramatiques. Pour n'en citer que quelques-unes : il y aura dépérissement des cultures et augmentation des coûts des fromages, fruits et légumes (L'Orient-Le Jour du 19 février) ; dépérissement du couvert végétal et augmentation des feux de forêt ; augmentation des maladies infectieuses due à des eaux malpropres;
rationnement drastique pour les populations ; diminution supplémentaire de l'électricité, puisque les centrales hydroélectriques ne vont bientôt plus pouvoir fonctionner. Que va devenir l'économie du secteur agricole et de tous les secteurs qui dépendent des ressources hydrauliques ?
Qui dit que l'hiver prochain ne sera pas semblable à celui-ci ?
C'est un énorme et urgent SOS que doit lancer l'État à tous les citoyens pour qu'ils prennent des mesures d'économie. Des campagnes publicitaires et informatives devraient occuper nos écrans de télévision pour inciter la population à éviter le gaspillage et le lavage à grande eau des vaisselles, balcons, voitures, etc. Dans mon quartier, ce matin, quelqu'un s'offrait encore le luxe d'arroser le trottoir !
Il faudrait interdire, jusqu'à nouvel ordre, le remplissage des piscines privées et réparer les innombrables canalisations défectueuses : à Fayadieh, Furn el-Chebbak et dans tant d'autres endroits.
L'État devrait également faire en sorte que l'eau reste un bien public et ne serve pas à enrichir quelques-uns.
Dans ce sens, que peut-il faire dans l'urgence ?
Dans bien de villages, il existe des fontaines permanentes dont l'eau coule inutilement si personne n'y vient puiser. Ce sont les municipalités qui devraient se munir de camions-citernes pour la recueillir lorsque les fontaines sont inoccupées. Ces municipalités pourraient assurer la distribution en ces temps de pénurie et utiliser les bénéfices à construire des réservoirs ou chateaux d'eau locaux, ainsi qu'à aménager des bassins collinaires pour leur territoire. Cela serait bien moins dommageable que la construction de barrages.
Ces derniers, en effet, seraient une catastrophe pour le Liban. La construction d'un barrage nécessite des matériaux lourds. Il faut donc faire d'énormes carrières. Abattre des pans de montagne dont les roches sont des réservoirs naturels. Une telle pratique conduit à la diminution des réserves et peut modifier les directions des écoulements souterrains. Sans compter avec les risques liés à la sismicité, avec la karstification qui favorise les pertes, l'évaporation intensive, l'ennoiement de villages et de zones à végétation endémique et très touristiques... La défiguration des paysages va bon train aujourd'hui. C'est un rouleau compresseur qui arrase systèmatiquement les montagnes.
D'un pays superbe, dont les municipalités pourraient également tirer profit sur le plan touristique, nous laissons aux générations à venir un pays définitivement dégradé et appauvri de ses richesses naturelles.
La vallée de Nahr Brahim, par exemple, qui devrait être classée "réserve naturelle", voit encore s'ouvrir de nouvelles cicatrices sur toute sa longueur! C'est le cas de beaucoup d'autres belles régions libanaises.
Que dire de l'urbanisation à outrance et de la frénésie de construction d'autoroutes ? Elles mènent à la déforestation alors que nous devrions veiller sur nos forêts car le couvert végétal favorise la rétention d'eau.
De grâce, messieurs, que votre mandat vise à arrêter le massacre, à limiter les dégats et nous conduise à agir dans le sens d'un développement durable et viable. »

L'absence de pluie et la crise de l'eau qu'on annonce pour l'été inquiètent la population et les experts. L'État, lui, reste aux abonnés absents. Face au risque sérieux de sécheresse qui plane sur le pays du fait de ces rudes conditions climatiques qui ont marqué les mois d'hiver cette année, une experte en environnement, membre de Lebanon Eco Movement (LEM), Jeannine Somma (Ph.D.), a adressé aux ministres de l'Intérieur et des Municipalités, et des Travaux publics et de l'Environnement une lettre ouverte dans laquelle elle lance un véritable cri d'allarme, affirmant que le pays est engagé sur la voie de l'assèchement de la plupart de nos sources en eau. Nous reproduisons ci-dessous la teneur d'une lettre ouverte que l'experte a adressée à ce propos aux ministres de l'Intérieur et des Muncipalités, et des Travaux...
commentaires (5)

LES SOURCES SE DÉSSÈCHENT, LES CHAMPS S'ASSÈCHENT, LES POCHES DES PANURGES GONFLENT ET LEURS BOTTES PAR LES STUPIDES MOUTONS SE LÈCHENT... PAUVRE PETIT LIBAN !

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

16 h 37, le 28 février 2014

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (5)

  • LES SOURCES SE DÉSSÈCHENT, LES CHAMPS S'ASSÈCHENT, LES POCHES DES PANURGES GONFLENT ET LEURS BOTTES PAR LES STUPIDES MOUTONS SE LÈCHENT... PAUVRE PETIT LIBAN !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    16 h 37, le 28 février 2014

  • Il faut faire une campagne de reboisement d'urgence et tous azimuths . En wolof senegalais arbre se dit "Garab" , mais aussi "garab" veut dire remede et un proverbe senegalais dit bien , garab moy garabou nitt. Ce qui veut dire l'arbre est le remede de l'homme .On dit aussi "nitt moy garabou nitt" ce qui veut dire , l'homme est le remede de l'homme . Beau la agesse!

    FRIK-A-FRAK

    15 h 22, le 28 février 2014

  • mais le Libanais s'en fout...il a massacré ses paysages,ses forêts,assassiné la côte....et ce libanais si propre chez lui à grands coups de chatf est juste dégueulasse dès qu'il met le nez dehors..y a pas à dire,nous sommes en train de devenir un vrai pays arabe!youpi!

    GEDEON Christian

    11 h 48, le 28 février 2014

  • Mille fois raison! Pourquoi les châteaux d'eau sont-ils quasiment inexistants au Liban? des mesures sont à prendre au niveau des autorités, mais il faut aussi une éducation des citoyens, En France, quand il n'a pas plu pendant plus d'un mois, il devient interdit de laver sa voiture ou d'arroser sa pelouse. Ici, on voit les gens continuer à arroser...le trottoir! Il faut aussi que l'on cesse de passer 1/2h sous la douche, de faire couler le robinet de l'évier tout le temps que dure la vaisselle (dans tous les pays civilisés, on utilise deux bacs: un pour le lavage et un pour le rinçage et quand ils sont pleins, on ferme le robinet), de laver systématiquement le sol à grande eau au lieu d'utiliser un seau et une serpillière etc. Il faut aussi interdire les arrosages de culture au tourniquet qui envoient plus d'eau dans l'atmosphère que dans le sol. Mais là encore, je crois qu'il va falloir attendre que les poules aient des dents.

    Yves Prevost

    07 h 36, le 28 février 2014

  • Plus D'arbres verts, plus de forêts, de pinèdes, de campagnes, etc..... Mais du Béton du Béton du Béton à l'infini Naturellement plus de pluies, plus d'eau Et dire que Beyrouth voulait dire la ville aux sources......

    RIGA Pavla

    07 h 16, le 28 février 2014

Retour en haut