Ibrahim Mahlab avait siégé au Sénat sous la présidence Moubarak et était l’un des cadres du parti de l’ex-raïs. Photo AFP
Ibrahim Mahlab, un cacique du parti de l'ancien raïs déchu Hosni Moubarak, a été nommé hier nouveau Premier ministre d'Égypte, au lendemain de la démission du gouvernement nommé par l'armée après la destitution en juillet du président islamiste Mohammad Morsi. M. Mahlab, ministre sortant de l'Habitat, doit désormais former une nouvelle équipe gouvernementale afin de conduire le pays vers l'élection présidentielle prévue au printemps et pour laquelle l'homme fort du pays, le chef de l'armée Abdel Fattah al-Sissi, est donné favori.
Le nouveau Premier ministre a dit espérer présenter son gouvernement d'ici « trois à quatre jours » et promis de s'atteler aux dossiers économiques et à la question de la sécurité dans un pays déserté par les touristes, à l'économie en ruine et en proie à des attentats qui visent désormais quasi quotidiennement les forces de l'ordre. Se disant déterminé à poursuivre l'action contre le « terrorisme » engagée par les autorités dirigées de facto par l'armée, il a estimé que « cela créera les conditions pour un retour des investissements et du tourisme ».
M. Mahlab, un ingénieur né en 1949, a dirigé l'entreprise gouvernementale Arab Contractors, l'une des plus importantes sociétés de construction en Égypte. Il a siégé au Sénat sous la présidence Moubarak et était l'un des cadres du parti de l'ex-raïs, le Parti national démocratique (PND). Ses détracteurs l'associent à l'ancien régime. Ses partisans, en revanche, louent un homme dynamique, fort de nombreux succès dans son domaine et proche du terrain. Dans la rue, les avis sont partagés.
Par ailleurs, trois membres d'un parti politique ont été condamnés hier par contumace à trois ans de prison pour avoir fait campagne en faveur du boycottage du référendum constitutionnel, ont rapporté des sources judiciaires. Ils ont également été condamnés à payer une amende de 500 livres égyptiennes (55 euros), mais peuvent encore interjeter appel et être rejugés s'ils se rendent.
(Source : AFP)

