Le gouverneur de la province de Ninive, Atheel al-Noujaïfi, frère du président du Parlement irakien, a survécu hier à un attentat, la troisième attaque le visant ce mois-ci. L'Irak traverse sa pire flambée de violence depuis cinq ans, et les autorités ne parviennent pas à mettre un terme aux attaques quotidiennes visant civils comme forces de l'ordre.
Deux bombes placées sur le bord de la route ont explosé à proximité du convoi du gouverneur à Mossoul, chef-lieu de Ninive, blessant deux conseillers provinciaux sans atteindre le gouverneur, ont indiqué un officier de police et un employé de l'hôpital. Il s'agit de la sixième tentative d'assassinat visant Atheel al-Noujaïfi en moins d'un an, signe que même les dirigeants les plus haut placés de cette province du nord de l'Irak – l'une des plus dangereuses du pays – sont susceptibles d'être pris pour cible. M. Noujaïfi, qui est le frère du président du Parlement Oussama al-Noujaïfi, effectue son second mandat en tant que gouverneur de Ninive, une province où les insurgés sunnites sont très implantés et mènent des attentats presque chaque jour. Les insurgés sont également soupçonnés d'y extorquer de l'argent auprès des entrepreneurs locaux, finançant ainsi leurs activités en Irak et en Syrie voisine.
Des attentats ont d'ailleurs tué trois civils et deux officiers de l'armée hier à Ninive, où 11 insurgés ont été tués lors d'un assaut contre une position de l'armée.
À Bagdad, des inconnus ont tué par balles une femme à proximité de son domicile, et au nord de la capitale, une autre personne a été tuée à Taji par une bombe magnétique placée sur un véhicule. À Ramadi, ville située à 100 km à l'ouest de Bagdad dont certaines zones sont contrôlées par des insurgés depuis début janvier, un policier a été tué par des obus qui ont blessé trois autres personnes. Des combattants antigouvernementaux contrôlent également la ville de Falloujah. Le ministère de la Défense a par ailleurs annoncé que les forces de sécurité avaient tué 13 combattants hier dans la province d'al-Anbar, où se trouvent ces deux villes.
Les violences en Irak ont renoué depuis un an avec leur niveau de 2008, alimentées par un mécontentement de la minorité sunnite et la guerre civile en Syrie voisine. Plus de 1 600 personnes ont été tuées depuis le début de l'année selon un décompte effectué par l'AFP à partir de chiffres fournis par les services médicaux ou de sécurité.
(Source : AFP)
Moyen Orient et Monde - Irak
Le gouverneur de Mossoul sort indemne d’un attentat, 32 morts dans les violences
OLJ / le 25 février 2014 à 00h00

