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Moyen Orient et Monde - Transition

Le gouvernement égyptien démissionne à l’approche de la présidentielle

Énième report de l'un des quatre procès de Mohammad Morsi.

Le Premier ministre Hazem el-Beblawi a annoncé hier la démission de son cabinet dont il a loué le travail en temps de crise. Photo Reuters

Le gouvernement égyptien, installé par l'armée après la destitution de l'islamiste Mohammad Morsi, a démissionné hier à l'approche de l'élection présidentielle à laquelle son commandant en chef, le nouvel homme fort du pays, ne cache pas sa ferme intention d'être candidat.
Le Premier ministre Hazem el-Beblawi est apparu à la télévision d'État pour annoncer la démission de son cabinet dont il a loué le travail en temps de crise, faisant référence à la situation « sécuritaire » et aux difficultés « économiques » que traverse le plus peuplé des pays arabes, entré dans un engrenage de la violence avec la destitution et l'arrestation du premier président élu démocratiquement du pays, renversé le 3 juillet par l'armée. Depuis, ses partisans sont réprimés dans un bain de sang, de même que toute manifestation de l'opposition, tandis que le chef de l'armée, le puissant ministre de la Défense et vice-Premier ministre du gouvernement Beblawi, le maréchal Abdel Fattah al-Sissi, architecte de la chute de Morsi, devrait, selon son entourage, annoncer prochainement sa candidature à la présidence.
Hier à la mi-journée donc, un communiqué officiel annonçait que le gouvernement avait « décidé au vu des circonstances actuelles dans le pays (...) de présenter sa démission au président de la République Adly Mansour ». « Le gouvernement a assumé pendant les six ou sept derniers mois sa responsabilité et son devoir », a souligné M. Beblawi, et « n'a pas épargné ses efforts pour sortir l'Égypte de la mauvaise passe où elle se trouvait ».

« Besoin de sang neuf »
« Ce n'est pas le moment des intérêts personnels, la nation est au-dessus de tous », a-t-il poursuivi, se félicitant de la tenue du référendum constitutionnel mi-janvier, qui avait marqué avec l'adoption de la Loi fondamentale, la première étape de la « transition démocratique » promise par l'armée début juillet. Avec un pourcentage de « oui » supérieur à 98 %, ce scrutin a été boudé par la jeunesse mais a malgré cela mobilisé près de 39 % des électeurs. Le porte-parole du gouvernement, dirigé de facto par l'armée, Hani Salah, a affirmé que cette démission avait été motivée par le « sentiment qu'il fallait du sang neuf » au sein du gouvernement. « L'Égypte va de l'avant, cette décision n'aura pas d'impact sur les relations extérieures et sur la stabilité en interne », a-t-il promis, ajoutant qu'il n'avait pas encore été déterminé quels ministres seraient maintenus. L'équipe démissionnaire a annoncé deux plans de relance économique financés par le Golfe mais fait face à de vives critiques, même dans les rangs des partisans du maréchal Sissi qui voit dans ce gouvernement un handicap.
Nommé au plus haut grade de l'armée et mandaté par l'institution militaire pour répondre à « l'appel du peuple » en se présentant à la magistrature suprême, le maréchal Sissi devait également démissionner du gouvernement pour annoncer sa candidature. Il ne lui reste plus désormais qu'à quitter l'armée ou à prendre sa retraite de militaire pour remplir toutes les conditions pour être éligible. L'élection doit se tenir au printemps, selon la « feuille de route » annoncée par l'armée lorsqu'elle a destitué M. Morsi. Le maréchal Sissi, de loin la personnalité la plus populaire du pays parce qu'il incarne pour beaucoup la stabilité, est en bonne position pour l'emporter.
Sur le front judiciaire, un des quatre procès dans lesquels M. Morsi est poursuivi a repris hier matin, avant d'être ajourné dans l'attente d'une décision de justice sur une demande des avocats de la défense de retrait des juges. Dans ce procès, 131 personnes, dont M. Morsi, doivent répondre de violences et d'évasion de prison à la faveur de la révolte de 2011 avec la complicité présumée du Hamas et du Hezbollah.

(Source : AFP)

Le gouvernement égyptien, installé par l'armée après la destitution de l'islamiste Mohammad Morsi, a démissionné hier à l'approche de l'élection présidentielle à laquelle son commandant en chef, le nouvel homme fort du pays, ne cache pas sa ferme intention d'être candidat.Le Premier ministre Hazem el-Beblawi est apparu à la télévision d'État pour annoncer la démission de son cabinet dont il a loué le travail en temps de crise, faisant référence à la situation « sécuritaire » et aux difficultés « économiques » que traverse le plus peuplé des pays arabes, entré dans un engrenage de la violence avec la destitution et l'arrestation du premier président élu démocratiquement du pays, renversé le 3 juillet par l'armée. Depuis, ses partisans sont réprimés dans un bain de sang, de même que toute...
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