Destin extraordinaire pour Vaultier, qui ne devait pas participer à ces Jeux. Victime d’une rupture des ligaments croisés il y a un mois et demi, il avait choisi de ne pas se faire opérer afin de maximiser ses chances de participation. Pari réussi. Un autre Français au destin étonnant, Paul-Henri de le Rue, dans le coma suite à une chute courant décembre, échoue au pied du podium. Dylan Martinez/Reuters
Un genou en vrac, le moral au plus bas il y a quelques semaines... et le titre olympique au bout d'une folle matinée à Rosa Khutor ! L'histoire des dernières semaines de la vie de Pierre Vaultier n'est pas anodine. Du lit d'hôpital au podium olympique, il n'y a donc pas si loin que cela. « C'est juste incroyable ! C'est un miracle, je n'ai plus de ligament croisé, je cours avec une attelle, il y a deux mois, j'avais des infiltrations, je n'avais plus de muscles, c'était presque impensable. C'est pas possible ! » commentait, encore un peu hébété, le nouveau champion olympique.
Vancouver effacé
Voilà qui devrait effacer définitivement la déception de Vancouver. Lors de la dernière olympiade, annoncé favori numéro 1 au titre, Vaultier s'était raté : 9e. Des regrets amers, et une reconstruction entamée derrière, avec en point d'orgue la conquête d'un nouveau globe de cristal en 2012.
De nouveau candidat déclaré à la breloque à Sotchi, Vaultier connaît un coup d'arrêt brutal lors de l'étape de Coupe du monde à Lake Louise, fin décembre. Le diagnostic ne laisse alors que peu de chances au Français de disputer les Jeux olympiques : déchirure du ligament croisé antérieur du genou droit.
Mais c'est mal connaître le snowboardeur de Serre-Chevalier. Allongé sur son lit d'hôpital, il se lance dans une course contre-la-montre effrénée, et se retrouve à Sotchi à force d'abnégation et de conviction.
Quelque peu « sous pression » avec le report des courses, Vaultier a fait preuve d'une très grande application tout au long des 4 tours de la compétition. Vainqueur de son 8e de finale, puis de son quart, Vaultier avait même le temps de savourer sa demi-finale, en arrivant seul avec Paul-Henri de le Rue dans l'aire d'arrivée. Ne restait alors plus qu'à scorer en finale.
Un temps relégué derrière le Russe Nikolay Olyunin après un départ moyen, Vaultier passait finalement en tête à mi-course pour ne plus jamais lâcher prise, malgré la bagarre imposée par Olyunin.
« C'était peut-être ma chance d'arriver en gros outsider, je n'arrive pas encore à réaliser, je n'ai pas encore atterri, je suis encore en l'air. » Une chance qu'il a parfaitement su saisir.
Vancouver effacéVoilà qui devrait effacer définitivement la déception de Vancouver. Lors de la dernière olympiade, annoncé favori numéro 1 au titre, Vaultier s'était raté : 9e. Des regrets amers, et une reconstruction entamée derrière, avec...

