L’Europe surprise par la Grande Guerre, malgré des années de tensions

Les grandes batailles emblématiques

OLJ
17/02/2014

Par sa violence inouïe, dont témoigne encore l'immense ossuaire de Douaumont abritant les restes non identifiés de 130 000 soldats français et allemands, la bataille de Verdun est restée pour les Français le symbole de la « Grande Guerre », un emblème de la souffrance et de l'héroïsme des centaines de milliers de « Poilus » face à l'une des plus grandes offensives allemandes du conflit.
Mais plusieurs autres grandes batailles de la Première Guerre mondiale ont acquis une dimension mythique dans la mémoire des différentes nations belligérantes :

– Marne (1914) :
la première bataille de la Marne, du 5 au 12 septembre 1914, permet aux troupes franco-britanniques d'arrêter puis de repousser les Allemands qui s'approchent de Paris après un mois d'offensive éclair. Cette première victoire alliée renverse le cours de la guerre. Les pertes sont énormes : quelque 250 000 morts et blessés de chaque côté, mais cette bataille restera dans la mémoire des Français comme le sursaut qui a sauvé la France.

– Dardanelles (1915) :
du nom du détroit contrôlant l'accès à Istanbul et à la mer Noire, fermé par la Turquie au début de la guerre. Le Britannique Winston Churchill lance en février 1915 une expédition navale franco-britannique pour forcer le passage, établir la liaison avec la Russie et contraindre l'Empire ottoman à la paix. Ce sera un échec meurtrier, de même qu'un débarquement allié deux mois plus tard à Gallipoli, sur la rive occidentale des Dardanelles. Les Alliés rembarquent leurs forces en janvier 1916, après avoir perdu quelque 180 000 morts, contre 70 000 du côté turc. Mais Gallipoli est aujourd'hui commémorée comme un événement fondateur par les Australiens et les Néo-zélandais, qui s'y sont battus pour la première fois sous leur drapeau national.

– Verdun (1916) :
cette bataille reste, côté français, le symbole de la Grande Guerre par l'acharnement des combats et les souffrances subies. Le 25 février 1916, les Allemands, qui veulent « saigner à blanc » l'armée française et amener Paris à demander la paix, lancent une grande offensive au nord de Verdun. « Courage, on les aura ! » lance au plus fort de la bataille le général Philippe Pétain à ses troupes. L'avancée allemande est contenue (juin), les forts emblématiques de Douaumont (octobre) et Vaux (décembre) seront repris, tout comme la majeure partie du terrain perdu au début de la bataille. Les pertes humaines sont énormes : quelque 770 000 victimes au total, dont plus de 300 000 morts. Mais « ils ont tenu » : ce sera désormais le leitmotiv de la propagande française pour exalter la vaillance des « poilus ».

– Somme (1916) :
la bataille de la Somme, la plus sanglante de la guerre avec plus d'un million de victimes dont quelque 400 000 morts ou disparus, oppose Allemands et Alliés – en majorité britanniques – dans le nord de la France entre juillet et novembre 1918. Les gains territoriaux des alliés, qui ont déclenché l'offensive, sont infimes. Mais cette bataille restera emblématique de la Première Guerre mondiale à la fois pour les Britanniques – qui ont perdu 20 000 morts le premier jour de l'offensive – et pour les Allemands qui ont tenu bon sous le déluge de feu, à l'image des Français à Verdun. Elle restera aussi pour l'histoire celle où est apparu pour la première fois le char de combat, innovation britannique promise à un brillant avenir.

– Chemin des Dames (1917) :
du nom d'une route de l'Aisne empruntée jadis par les « Dames de France » (filles du roi Louis XV). Une offensive française y est déclenchée le 16 avril 1917 par le général Nivelle, nouveau chef d'état-major, qui pense pouvoir percer le front allemand. Mal évaluée et mal conduite, cette offensive est un échec sanglant – quelque 100 000 victimes côté français en un mois – qui provoque des mutineries dans l'armée. À la mi-mai, Nivelle est remplacé par le général Pétain qui rétablit l'ordre et décide l'arrêt des grandes offensives jusqu'à l'arrivée sur le front des forces américaines et d'un plus grand nombre de chars de combat.

– Deuxième bataille de la Marne (1918) :
si la première bataille de la Marne a empêché la victoire allemande, la seconde va permettre aux Alliés de l'emporter. Après avoir été bousculés au printemps par quatre grandes offensives des Allemands qui ont enfin réussi à percer le front, les Alliés renforcés par les premiers contingents américains lancent depuis la Marne une contre-offensive générale à partir du 18 juillet, en employant pour la première fois massivement des chars. Préparée par le général Foch, elle renverse définitivement le cours de la guerre, déclenchant une retraite allemande sur tous les fronts qui aboutira à l'armistice du 11 novembre.

(Source : AFP)

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