Les 234 manifestants ukrainiens arrêtés ont été libérés, mais les poursuites contre eux sont pour l'instant maintenues, a annoncé hier le procureur général Viktor Pchonka. Il a souligné que les poursuites seraient abandonnées si ces personnes remplissaient les conditions fixées par la loi d'amnistie. La loi d'amnistie votée en janvier par la majorité favorable au pouvoir au Parlement fait dépendre le sort des manifestants interpellés de la libération des lieux publics et des bâtiments administratifs occupés par l'opposition.
Cette annonce intervient quelques heures après que le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a reproché aux Européens de vouloir créer une « sphère d'influence » en Ukraine en s'ingérant dans ses affaires, lors d'une conférence de presse à Moscou avec son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier. « Il me semble qu'il n'est pas tout à fait correct, pas tout à fait poli, quand on parle de liberté de choix, d'envoyer chaque jour des émissaires », a-t-il ajouté, faisant allusion aux visites de représentants européens et américains de haut rang à Kiev. M. Lavrov a à plusieurs reprises accusé les Occidentaux de faire pression sur Kiev et estimé que les relations entre l'Union européenne et la Russie avaient atteint « leur moment de vérité ».
De son côté, M. Steinmeier a plaidé hier pour le dialogue avec la Russie et estimé que « personne n'avait intérêt à une escalade de la situation ». Le renoncement des autorités ukrainiennes à un projet d'association avec l'Union européenne au profit d'un rapprochement avec la Russie a déclenché fin novembre un mouvement de contestation sans précédent qui a dégénéré en janvier, faisant au moins quatre morts et 500 blessés. Le centre de Kiev est depuis occupé par des manifestants et entouré de barricades. Les opposants ont promis en signe de bonne volonté de débloquer « en partie » la rue Grouchevski où se trouvent le gouvernement et le Parlement pour y permettre la circulation automobile. Pour la onzième fois depuis le début fin novembre de la contestation, les manifestants se réuniront demain dans le centre de Kiev.
(Source : AFP)

