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Moyen Orient et Monde - Turquie

Un des principaux suspects dans l’enquête anticorruption remis en liberté

La justice turque a remis en liberté hier l'un des principaux suspects incarcérés dans le scandale politico-financier visant le gouvernement, qui a relancé l'examen d'un projet de loi très controversé destiné à renforcer son contrôle sur les magistrats.
Deux semaines à peine après la nomination d'un nouveau procureur pour chapeauter les enquêtes anticorruption, l'ex-PDG de la banque publique Halkbank, Suleyman Aslan, et cinq autres de ses coinculpés ont pu quitter leur prison dans la matinée, selon les médias turcs. Remplacé à la tête de la banque, M. Aslan reste inculpé de corruption, fraude et blanchiment d'argent pour avoir facilité un trafic illicite d'or avec l'Iran. En perquisitionnant à son domicile, les policiers avaient découvert l'équivalent de 4,5 millions de dollars en petites coupures dissimulées dans des boîtes à chaussures, devenues depuis le symbole brandi par l'opposition et les manifestants qui dénoncent la corruption du régime du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.
Ces premières remises en liberté depuis le début de l'affaire ont été dénoncées comme un nouveau signe de reprise en main de la justice par le gouvernement. « Le banquier aux 4,5 millions retrouvés à son domicile est libre. Et les lois qui permettront la libération des autres sont en marche », a déploré l'ex-ministre de la Culture Ertugrul Gunay, qui a quitté le Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir. Au total, des dizaines de patrons, hommes d'affaires, hauts fonctionnaires et élus proches du pouvoir ont été inculpés dans le cadre de ce scandale, qui a provoqué une onde choc qui menace M. Erdogan avant les municipales du 30 mars et de la présidentielle d'août. Hier en outre, l'agence Anatolie a révélé que le fils aîné du Premier ministre avait été entendu le 5 février, sans autre détail. Selon une partie de la presse turque, Bilal Erdogan, qui dirige une fondation d'aide aux étudiants, est soupçonné d'avoir touché des pots-de-vin. Son avocat, Ahmet Özel, a qualifié ces accusations de « pures allégations et interprétations ».
Ce scandale qui touche au cœur du pouvoir a fait éclater la majorité islamo-conservatrice qui règne sans partage sur la Turquie depuis 2002, provoquant un vaste remaniement ministériel fin décembre et la démission de neuf députés du parti au pouvoir. Le nouveau procureur en charge a fait savoir qu'il allait reprendre l'enquête à son début, déplorant, selon la presse turque, le « manque de preuves » dans le dossier.
Par ailleurs, après le vote la semaine dernière d'une loi sur le contrôle d'Internet largement dénoncée comme « liberticide », le Parlement a repris hier l'examen d'une réforme judiciaire elle aussi très controversée, qui doit attribuer au ministre de la Justice le dernier mot en matière de nominations de magistrats. Ce texte a suscité nombre de critiques, tant en Turquie qu'à Bruxelles ou Washington, qui s'inquiètent ouvertement du virage autoritaire d'Ankara. Le Parti républicain du peuple (CHP, opposition) a annoncé qu'il saisirait la Cour constitutionnelle si la loi était votée.
(Source : AFP)

La justice turque a remis en liberté hier l'un des principaux suspects incarcérés dans le scandale politico-financier visant le gouvernement, qui a relancé l'examen d'un projet de loi très controversé destiné à renforcer son contrôle sur les magistrats.Deux semaines à peine après la nomination d'un nouveau procureur pour chapeauter les enquêtes anticorruption, l'ex-PDG de la banque publique Halkbank, Suleyman Aslan, et cinq autres de ses coinculpés ont pu quitter leur prison dans la matinée, selon les médias turcs. Remplacé à la tête de la banque, M. Aslan reste inculpé de corruption, fraude et blanchiment d'argent pour avoir facilité un trafic illicite d'or avec l'Iran. En perquisitionnant à son domicile, les policiers avaient découvert l'équivalent de 4,5 millions de dollars en petites coupures dissimulées dans...
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