M. Mikati discutant de projets de développement avec M. Mokbel. Photo Dalati et Nohra
C'est à l'issue d'un entretien avec le vice-Premier ministre Samir Mokbel que le Premier ministre démissionnaire Nagib Mikati a abordé hier le sujet de la construction de l'axe controversé qui doit relier la rue Charles Malek au secteur Charles Hélou (en continuité de la rue Alfred Naccache, allant de l'Hôtel-Dieu à Mar Mitr), avec des bretelles menant à Dora puis au centre-ville. Ce projet des années 50 a été remis sur le tapis dernièrement par la municipalité de Beyrouth et le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR), et il fait face à une opposition de la société civile et d'habitants de la région. Une plainte a même été déposée au Conseil d'État contre ce projet.
Or, hier, M. Mikati a estimé que « l'affaire est terminée et se dirige vers son dénouement adéquat ». Pour lui, « il n'y a plus que quelques expropriations à réaliser, et elles sont en cours de règlement ». Il a ajouté que « l'adjudication aura lieu dans trois à quatre mois au plus tard, et cette nouvelle route résoudra l'énorme problème de trafic allant de la place Sassine à Mar Mitr ».
Interrogé sur l'opposition des habitants à ce projet, le Premier ministre a simplement souligné que « le Conseil d'État a émis son jugement et rejeté la plainte ».
À L'Orient-Le Jour, le coordinateur de la campagne contre le projet, Raja Noujaim, a nié que le Conseil d'État ait émis un quelconque jugement dans cette affaire. Pour lui, l'affaire en est toujours au même point, l'obstacle le plus important à la marche de ce projet étant l'étude d'impact environnemental, indispensable pour une infrastructure de cette envergure, et qui n'a pas encore été soumise aux autorités et au public. Or cette étude, poursuit-il, ne pourrait que montrer les failles d'un tel projet. Enfin, il a annoncé de prochaines manifestations populaires contre le projet, « parce qu'ils ne veulent pas entendre nos objections autrement ».
Rappelons que les objections contre ce projet portent sur le danger qu'il représente pour une région au patrimoine riche et que le grand axe en béton risque de défigurer. Les détracteurs du projet se disent également convaincus que l'axe en question ne résoudra en rien le problème de trafic, et que des solutions alternatives existent.
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