Les relations se tendaient à nouveau hier sur la péninsule coréenne, après l'annulation par le Nord de la visite d'un émissaire des États-Unis, censé œuvrer à la libération d'un ressortissant américain, et l'annonce du calendrier des manœuvres militaires américano-sud-coréennes dénoncées par Pyongyang.
Les frictions entre Pyongyang d'un côté et Séoul et Washington de l'autre devraient dominer l'agenda lors de la visite en Asie du secrétaire d'État américain John Kerry, qui démarre jeudi. Dans un communiqué publié dimanche soir, le département d'État s'est dit « profondément déçu par la décision de la Corée du Nord de retirer son invitation à l'ambassadeur (Robert) King », qui devait œuvrer à la libération de Kenneth Bae, un Américain d'origine coréenne détenu par Pyongyang depuis novembre 2012. Le département d'État n'avait pas fait état publiquement de cette invitation qu'aurait adressée la Corée du Nord à l'ambassadeur King, qui est depuis 2009 l'envoyé spécial des États-Unis pour les questions des droits de l'homme en Corée du Nord. C'est la seconde fois qu'un voyage prévu de M. King à Pyongyang, pour négocier la libération de M. Bae, capote à la dernière minute. Kenneth Bae a été envoyé dans un camp de travail après une longue hospitalisation. Il avait été condamné en mai 2013 à 15 ans d'internement pour avoir tenté de « renverser » le régime, selon l'agence nord-coréenne KCNA.
Parallèlement, les médias nord-coréens ont annoncé l'arrivée dans la capitale de Donald Gregg, ambassadeur des États-Unis en Corée du Sud de 1989 à 1993. Il est accompagné de membres de l'institut Pacific Century et le Nord n'a pas précisé les motifs de leur séjour.
L'annulation de la visite de l'émissaire américain intervient alors que le commandement conjoint aux forces américaines et sud-coréennes a annoncé le calendrier des exercices militaires annuels menés conjointement par les deux alliés et vivement décriés par Pyongyang. Les manœuvres démarreront le 24 février, soit pendant les réunions des familles séparées par la guerre de Corée (1950-1953), prévues entre les 20 et 25 février. Plusieurs analystes s'attendent à ce que le Nord annule ces réunions, un programme à l'arrêt depuis trois ans, comme il l'avait déjà fait en septembre dernier. Quelque 12 700 soldats américains prendront part aux manœuvres, qui dureront jusqu'au 18 avril, a ajouté la force de commandement, précisant que le Nord avait été informé de la nature « non agressive » des exercices.
Le Nord a appelé à plusieurs reprises Séoul et Washington à renoncer à ces manœuvres, menaçant « d'un holocauste défiant l'imagination » si les exercices avaient bien lieu. Les manœuvres de 2013 avaient été marquées par de fortes tensions. Pyongyang avait procédé à son troisième essai nucléaire souterrain, défiant les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Séoul craint que le Nord se livre à de nouvelles provocations pendant le déroulement des manœuvres 2014.
(Source : AFP)

