La situation gouvernementale est devenue un véritable casse-tête pour les diplomates occidentaux en poste au Liban. Pour une fois, il y a pourtant une unanimité internationale et régionale en faveur de la formation d'un nouveau gouvernement « rassembleur », dans lequel le Hezbollah serait représenté. Les États-Unis sont les premiers à pousser dans cette direction, mais il y a aussi l'Union européenne dans toute sa diversité, ainsi que la Russie. Même l'Arabie saoudite qui, au cours des derniers mois, s'était opposée à la participation du Hezbollah au gouvernement de Tammam Salam, a fini par renoncer à cette exigence, donnant son feu vert à la formation d'un gouvernement « rassembleur » (selon le terme en vogue actuellement), avec une seule demande, que cette équipe ministérielle ne fasse pas de la provocation à son encontre. La Syrie de Bachar el-Assad n'a pas vraiment la possibilité d'intervenir dans le processus de formation du gouvernement et l'Iran est favorable à la naissance d'un cabinet équilibré, politique et rassembleur. Et malgré ce climat bienveillant, et toutes les bonnes fées qui se penchent sur son berceau, le gouvernement de Tammam Salam ne parvient toujours pas à naître, à la stupéfaction générale. Il est en effet rare qu'il y ait un contexte international et régional aussi positif, sans que cela se traduise concrètement.
Où est donc le blocage ? Y a-t-il un maillon caché, un veto non formulé ? Ce sont les questions que tout le monde se pose. Mais la réponse, après une enquête auprès des instances concernées, reste la même : la communauté internationale pousse vers la formation d'un gouvernement politique où toutes les parties seraient représentées. Dans ce cas, où est-ce que le bât blesse? On pourrait commencer par dire que livrées à elles-mêmes, les parties politiques libanaises sont incapables de s'entendre. Mais il faut aller plus loin. Des parties au sein du 14 Mars font assumer au général Michel Aoun la responsabilité du retard dans la naissance du gouvernement, en refusant le principe de la rotation des portefeuilles et en voulant conserver au moins celui de l'Énergie. Ces parties prennent pour exemple l'opposition des Forces libanaises à un gouvernement politique rassembleur et leur refus d'y participer, sans toutefois aller jusqu'à bloquer la formation du gouvernement. À cela, le camp du général Aoun répond qu'il ne comprend pas comment est venu ce principe de la rotation des portefeuilles et pourquoi il est soudain devenu aussi indispensable, surtout dans une période aussi délicate et pour un gouvernement dont la durée de vie est (en principe) limitée à quelques mois.
Pour le camp du général Aoun, ce serait donc ce principe, qui ne figure dans aucun texte constitutionnel, ni dans aucun document d'entente et qui, de plus, est inhabituel dans le processus de formation des gouvernements au Liban, qui serait responsable du blocage gouvernemental. Ce camp se demande aussi qui a soufflé au Premier ministre désigné l'idée de poser ce principe comme condition à la formation du gouvernement ? D'autant que lorsqu'un Premier ministre désigné a passé plus de dix mois sans parvenir à former un gouvernement, il devrait avoir hâte de le faire, car sa crédibilité est en jeu, au lieu de s'enfermer dans des exigences qui ne sont ni constitutionnelles ni incontournables ? Ce camp estime ainsi que de tous les protagonistes impliqués dans la formation du gouvernement, le Premier ministre désigné est sans doute celui qui a le plus intérêt à former au plus vite un cabinet politique rassembleur. Un tel enjeu mériterait donc un peu de souplesse, souligne le camp aouniste, d'autant que la rotation des portefeuilles n'ajoute rien au partage équilibré des ministères et à la représentativité de chaque camp. La question que le camp du général Aoun formule tout bas est aussi la suivante : pourquoi c'est toujours en définitive aux parties chrétiennes que l'on demande des concessions, sous prétexte que la situation est très grave? La situation ne devient donc très dangereuse que lorsqu'il s'agit de ne pas donner leurs droits aux chrétiens ? s'interroge le camp aouniste.
C'est donc officiellement ce débat, dans lequel chaque camp a sa logique, qui retarde la formation d'un gouvernement politique. Mais dans certains milieux politiques, on croit savoir que l'affaire est moins simple qu'il n'y paraît. Au-delà de la formation du cabinet, il s'agirait de préparer l'échéance présidentielle. Quatre options sont évoquées : la première est la prorogation du mandat du président actuel et pour cela, il faudrait un gouvernement dans lequel deux tiers des ministres seraient en mesure d'adopter une proposition dans ce sens pour l'envoyer ensuite au Parlement.
La seconde est celle de l'élection d'un président consensuel, qui exigerait un compromis entre toutes les parties politiques avec un parapluie international, dans le genre de l'accord de Doha qui, en 2008, avait permis l'élection du président Michel Sleiman. Pour l'instant, rien n'indique que les développements vont dans ce sens. La troisième est l'élection d'un président « fort » et elle peut être possible si on cherche une solution radicale et non pas seulement un compromis, dans le genre d'un front régional et international pour la lutte contre le terrorisme. Enfin, la quatrième est la vacance au niveau de la présidence, dans l'attente que se précisent les développements régionaux. Pour cela, il faut un gouvernement capable de prendre les rênes du pouvoir pour quelques mois... Tant que les contours de l'échéance présidentielle ne se sont pas précisés, les parties concernées campent sur leurs positions, chacune voulant privilégier le candidat de son choix. Le problème, c'est que le parapluie international n'est pas suffisamment fort pour imposer une configuration et que les considérations politiciennes locales prennent le dessus... Dans ce contexte, un gouvernement « du fait accompli », ou « avec les présents », ne bénéficie pas d'une couverture internationale et ne fera qu'ajouter un nouveau problème à ceux qui existent déjà, surtout que le 8 Mars a annoncé qu'il sera solidaire de la position du CPL...


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Il vaut mieux sortir smart que malhabille ! un gvnmt pour juste en avoir un , non , desole , ou bien on en a enfin un qui poura nous conduire a bon port ou bien nada ! si le phare Aoun ne s'y retrouve pas on attendra que ca lui convienne . Et puis qui veut aller loin ménage sa monture , le titre parle bien du spectre de la presidence , ce gouvernement devra porter le futur president que tout le monde appelle de ses voeux sur une selle digne de ce nom , n'est ce pas General ? Keep it up ! Le Liban ne merite rien de moins que votre illustre presidence.
17 h 31, le 07 février 2014