Une dizaine de pays ont promis de fournir des troupes à la future Force africaine de formation rapide, dont les crises notamment en Centrafrique ont souligné l'urgente nécessité, a annoncé hier le président de l'Union africaine (UA), le chef de l'État mauritanien Mohammad Ould Abdel Aziz. Parmi la dizaine de pays s'étant engagés à fournir des troupes, la présidente de la Commission de l'UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, a cité l'Ouganda, la Tanzanie, l'Éthiopie, la Mauritanie, l'Algérie, l'Angola, l'Afrique du Sud, la Guinée et le Tchad.
Aujourd'hui, représentants africains et de la communauté internationale se réuniront à Addis-Abeba pour lever des fonds et moyens en faveur de la Force africaine en Centrafrique (Misca), où quelque 5 500 hommes sont déployés au côté de la force française Sangaris. Selon le président guinéen Alpha Condé, l'Algérie a promis des avions de transport et l'UA fait pression sur l'Angola et l'Afrique du Sud pour qu'elles suivent son exemple. L'Union européenne, qui doit déployer 500 hommes sur le terrain, a annoncé 45 millions d'euros supplémentaires d'aide, dont 25 millions alloués à la Misca.
Hier, le commissaire à la Paix et la Sécurité de l'UA, Smail Chergui, a exclu dans l'immédiat un passage de relais à une force onusienne, que certains observateurs estiment nécessaire pour pacifier le pays, soulignant qu'un tel processus prendrait plusieurs mois. Nombre de diplomates, notamment à l'ONU, estiment cependant que les troupes déployées sont insuffisantes pour ramener la paix, en particulier hors de Bangui. Selon l'ambassadeur français à l'ONU, Gérard Araud, les Nations unies estiment que 10 000 Casques bleus sont nécessaires pour sécuriser la Centrafrique.
Car sur le terrain, la situation semblait s'être dégradée. La Croix-Rouge dit avoir ramassé « 30 tués et 60 blessés » ces trois derniers jours dans les rues de Bangui. La situation s'est aussi dégradée hors de la capitale. Des éléments de l'ex-rébellion de la Séléka ont pris le contrôle jeudi de la ville stratégique de Sibut, à 180 km au nord de Bangui, coupant l'axe reliant la capitale au nord du pays, ont rapporté des témoins. « 99 % de la population a quitté Sibut, ils sont dans la brousse », a expliqué sous couvert d'anonymat un habitant de la ville. « Une opération militaire (française) est en cours sur Sibut », a déclaré hier un officier de communication français.
(Source : AFP)

