Les interrogatoires respectifs des deux prévenus Omar Atrache et Jamal Daftardar se poursuivent, sous la supervision du commissaire du gouvernement près le Tribunal militaire, le juge Sakr Sakr, dans le cadre d'une enquête préliminaire menée par les services de renseignements de l'armée. Le dignitaire sunnite, cheikh Omar Atrache, arrêté la semaine dernière, est suspecté d'avoir préparé des voitures piégées et entraîné des kamikazes en vue de perpétrer des attentats dans la banlieue sud, tandis que Jamal Daftardar, de nationalité syrienne, arrêté le 15 janvier dans la localité de Kamed el-Loz, la veille de l'attentat du Hermel, serait le successeur présumé de l'émir des Brigades Abdallah Azzam décédé, le Saoudien Maged al-Maged. Il est accusé d'avoir mené l'attaque contre un barrage de l'armée à Saïda, le 15 décembre 2013.
Alors que les cheikhs sunnites de la Békaa et de Ersal avaient réclamé dimanche, devant le siège du ministère de la Défense, la libération de cheikh Atrache, et dénoncé « une tentative de l'armée de liquider tous les dignitaires qui soutiennent la révolution syrienne et abritent des réfugiés », des sources des services de renseignements de l'armée démentaient le jour même les allégations faisant état de tortures que le prévenu aurait subies.
Réunion avec Edmond Fadel
Dans ce contexte, des dignitaires religieux sunnites se sont réunis hier avec le directeur des services de renseignements de l'armée, le général Edmond Fadel, loin des médias. Selon certaines informations parvenues malgré tout à la chaîne LBC, la réunion aurait été qualifiée par les deux camps de négative. Le général Fadel aurait pourtant indiqué à ses interlocuteurs que « le code de procédure pénale ne prévoit pas la présence d'un avocat aux interrogatoires ; que les faits dont dispose l'armée prouvent l'implication de cheikh Omar Atrache dans plusieurs actes terroristes ; et que ce dernier est en tout cas passé aux aveux ». Les religieux sunnites ont jugé ces propos « peu convaincants ».
Leur passage ensuite à Dar el-Fatwa leur a valu la promesse du mufti de la République, cheikh Mohammad Rachid Kabbani, de « suivre l'affaire auprès des autorités concernées ».
C'est en tout cas un appel à la non-violence qui continue d'être exprimé par une grande partie des autorités sunnites. Ainsi, le président du mouvement al-Tawhid islamique, cheikh Hachem Minkara, a exprimé dans un communiqué « le refus d'entraîner les sunnites du Liban dans des guerres vaines et des combats confessionnels qui visent les innocents en tout lieu ». « Nous appelons à la convivialité et au règlement sage des différends provoqués par les événements en Syrie », a-t-il affirmé, ajoutant que « nul ne peut être écarté ».
Solidarité avec l'armée
Les dignitaires religieux ont également appelé à contenir les discours à caractère confessionnel et exhorté à la solidarité avec l'institution militaire. « Les discours d'incitation contre l'armée sont une tentative de saper ce symbole national par excellence, et d'abattre donc l'État dans son ensemble », a ainsi estimé le président de l'association des ulémas, Ahmad Chawki al-Amine, indiquant que « la solidarité avec l'armée garantirait la mise en échec de toutes les tentatives de déstabiliser la situation ».
Pour le général Moustapha Hamdane, secrétaire général des Mourabitoun, c'est Dar el-Fatwa qui resterait « la garante de l'unité des Libanais ».


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