La nouvelle présidente de transition Catherine Samba Panza en compagnie du ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius. Siegfried Modola/Reuters
La nouvelle présidente centrafricaine de transition, Catherine Samba Panza, qui a pour priorité de pacifier un pays déchiré par des tueries interreligieuses, a pris ses fonctions hier. Mme Samba Panza, 59 ans, première femme à accéder à ce poste en Centrafrique, a prêté serment devant les magistrats de la Cour constitutionnelle provisoire, lors d'une cérémonie au palais de l'Assemblée nationale où siège le Conseil national de transition (CNT, Parlement provisoire), en présence notamment du président gabonais, Omar Bongo Ondimba, et du ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius.
« Je jure devant Dieu et devant la nation (...) de conserver l'unité nationale sans aucune considération d'ordre ethnique, régional, religieux, confessionnel », a déclaré la nouvelle présidente.
Elle devrait nommer son Premier ministre, probablement d'ici à demain soir, selon des sources politique et diplomatique, pour avoir en début de semaine un gouvernement prêt à relever le défi de restaurer la paix après des mois de haines intercommunautaires.
Illustration de l'ampleur de la tâche, hier matin, après des violences ayant fait au moins 10 morts la veille, la situation restait tendue dans certains quartiers de la capitale. Au PK-13, un véhicule de la Croix-Rouge a ramassé au matin deux cadavres de musulmans, ont constaté des journalistes AFP. Les civils chrétiens avaient quitté leur maison de peur des affrontements et les pillages de commerces et de maisons se poursuivaient, même les toitures étaient arrachées. Au PK 12, les soldats français ont tué au matin « un peul, armé d'arc, de flèches et de grenades qui avançait vers nous », selon un habitant, Pacome, au check-point. À Sangaris, on a refusé de confirmer ou démentir l'incident.
« Pas assez de soldats »
En province, la « majorité » du territoire reste sous la coupe implacable de chefs de guerre, ont rappelé mercredi à Paris l'archevêque et l'imam de Bangui, Dieudonné Nzapalainga et Omar Kobine Layama, qui depuis des mois appellent leurs concitoyens à la paix.
Au total, la moitié des quelque 4,6 millions de Centrafricains sont directement affectés par la crise. Pour mettre fin aux violences, Mme Samba Panza veut d'abord « plus de soldats », a-t-elle expliqué dans un entretien publié hier par le quotiden français Le Parisien. Malgré l'engagement début décembre de 1 600 hommes dans le cadre de l'opération française Sangaris, venus se joindre aux 5 200 hommes de la force africaine (Misca) et la promesse de l'envoi de 500 soldats par l'Union européenne, « il n'y a pas assez de soldats en Centrafrique », a jugé la présidente.
Mais la France n'a pas l'intention « dans l'état actuel des choses » de renforcer sa présence militaire en Centrafrique, a répondu hier le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, interrogé par i TELE, qui a souligné la « montée en puissance » de la force africaine Misca.
Ensuite pour juguler le désastre humanitaire, la présidente – qui doit également organiser des élections générales auxquelles elle ne sera pas candidate d'ici à février 2015 au plus tard – veut « remettre les gens au travail » rapidement. Les caisses de l'État étant totalement vides, la nouvelle présidente doit s'en remettre à la bonne volonté de la communauté internationale, qui a promis lundi de débloquer en 2014, 496 millions de dollars pour stopper la descente aux enfers de la Centrafrique. La Banque mondiale a annoncé hier de son côté une aide d'urgence de 100 millions de dollars.
(Source : AFP)

