Nadal conserve une chance de gagner son deuxième titre à Melbourne, et de devenir le troisième, après les Australiens Roy Emerson et Rod Laver, à gagner au moins deux fois les quatre titres du grand chelem. Mal Fairclough/AFP
La sortie précipitée en quarts de finale de Novak Djokovic, le n° 2 mondial et triple tenant du titre, mardi soir face à Stanislas Wawrinka était encore toute fraîche dans les mémoires quand un nouveau coup de théâtre a touché le tournoi hier.
Azarenka, également n° 2 mondiale, et double tenante du titre, a connu un sort identique, en s'inclinant (6-1, 5-7, 6-0) devant Agnieszka Radwanska (n° 5). Le Serbe se sera arrêté à 25 victoires consécutives à Melbourne, la Biélorusse à 18.
La disparition d'Azarenka n'est qu'un énième rebondissement dans un tableau féminin qui avait déjà perdu l'Américaine Serena Williams, n° 1 mondiale et première candidate au titre, et la Russe Maria Sharapova (n° 3).
La Chinoise Li Na, n° 4 et finaliste en 2011 et 2013, endosse désormais à son tour le statut de favori. À son grand regret sans doute, car il n'a protégé personne jusqu'ici.
Opposée aujourd'hui en demi-finale à la Canadienne Eugénie Bouchard, tête de série n° 30, Li pourra s'appuyer sur son expérience, étant la seule à avoir déjà gagné un tournoi du grand chelem (Roland-Garros 2011).
L'autre demie, juste après, mettra aux prises Radwanska et Dominika Cibulkova (n° 20). La Slovaque a profité du manque de vécu de Simona Halep (n° 11), sèchement battue (6-3, 6-0).
Le jeu tout en finesse de Radwanska a déconcerté Azarenka, qui pourtant connaissait tout de la Polonaise pour l'avoir dominée lors de leurs sept derniers affrontements.
Rivalité historique
La Biélorusse n'a jamais trouvé sa zone de confort (47 fautes directes) et s'est entêtée dans des schémas de jeu qui ont fait l'affaire de Radwanska, laquelle a régalé le public par son toucher de balle.
Chez les hommes, Roger Federer et Rafael Nadal ont chacun laissé apparaître quelques failles, hier à Melbourne, mais ils ont fait en sorte de se retrouver en demi-finales de l'Open d'Australie, pour prolonger encore un peu leur rivalité historique.
Cela faisait deux ans exactement qu'on n'avait plus eu droit à un duel en grand chelem entre ces deux joueurs cumulant 30 Majeurs. Le cadre était déjà le même : une demi-finale à l'Open d'Australie, et Nadal avait gagné.
Cette opposition traditionnelle avait depuis été surpassée par celle entre Nadal, le n° 1 mondial, et Novak Djokovic. La satisfaction est donc grande du côté de Federer (n° 6) de pouvoir goûter à nouveau à ces moments-là.
Après une année 2013 traumatisante, marquée par ses problèmes au dos, ses piteux résultats (un tournoi gagné à Halle) et son recul au classement ATP, le Suisse peut savourer ce retour à la lumière.
Deux jours après une victoire déjà convaincante contre Jo-Wilfried Tsonga (n° 10), il a confirmé (6-3, 6-4, 6-7 (6/8), 6-3) face à Andy Murray (n° 4), non sans avoir connu un moment de chauffe dans le troisième set.
L'enjeu plus grand pour Federer
Il disputera demain sa 11e demi-finale consécutive à Melbourne, où il s'est imposé à quatre reprises (2004, 2006, 2007 et 2010). Ce sera au total sa 34e demi-finale en grand chelem, un record.
Ce sera aussi la 11e fois (la 33e au total) que Nadal et lui s'affrontent en grand chelem. L'Espagnol avait auparavant pris le dessus (3-6, 7-6 (7/3), 7-6 (9/7), 6-2) sur le Bulgare Grigor Dimitrov, tête de série n° 22.
L'enjeu sera probablement plus grand pour Federer. Nadal mène 22-10 dans leurs affrontements, dont 8-2 en grand chelem. Le Suisse ne l'a plus battu dans un Majeur depuis 2007 et sa victoire en finale à Wimbledon.
Cette rencontre s'annonce fascinante, car les deux ont encore quelques soucis à régler. Federer a retrouvé ses mouvements harmonieux, son jeu limpide, mais on a vu contre Murray que son mental restait friable.
Gêné par de grosses ampoules qui affectent sa prise de raquette, Nadal n'a lui pas montré son meilleur tennis sur ses deux derniers matches, et seule son opiniâtreté lui a permis de s'en tirer sans dommages.
Nadal malmené par Dimitrov
À force de perdre l'an passé contre des membres du top 5, Federer manque un peu de confiance. Cela a été évident à la fin du troisième set contre Murray, où son bras a vraiment tremblé.
Il a d'abord perdu son service – pour la deuxième fois seulement du tournoi – alors qu'il servait pour le match. Puis, dans le tie-break, il s'est procuré deux balles de match, qu'il a jouées à reculons.
« Par rapport à mes meilleures années, je ne sais pas », a-t-il répondu quand on lui a demandé de situer son degré de confiance. Comme un aveu à demi-mot que tout n'était pas encore parfait.
Si Murray, finaliste en 2010, 2011 et 2013, avait été au top physiquement, l'issue du match aurait pu en être modifiée. Mais l'Écossais a juste repris la compétition au début du mois, après avoir été opéré du dos en septembre.
Nadal a été rudement malmené par Dimitrov, surnommé « Baby Federer ». Avant d'avouer que sa main le gênait au service, l'Espagnol a été baladé au premier set, s'est montré meilleur sans être souverain dans le deuxième, et aurait dû perdre le troisième.
Mais le Bulgare a été rattrapé à 22 ans par son inexpérience. Il a laissé filer trois balles de troisième set, dont deux alors que le point semblait tout fait. Suffisant pour laisser à Nadal une chance de gagner son deuxième titre à Melbourne, après celui de 2009.
(Sources : agences)
Les résultats
Simple messieurs (quarts de finale) :
Rafael Nadal (Esp/n° 1) bat Grigor Dimitrov (Bul/n° 22) 3-6, 7-6 (7/3), 7-6 (9/7), 6-2
Roger Federer (Sui/n° 6) bat Andy Murray (G-B/n° 4) 6-3, 6-4, 6-7 (6/8), 6-3
Simple dames (quarts de finale) :
Dominika Cibulkova (Svk/n° 20) bat Simona Halep (Rou/n° 11) 6-3, 6-0
Agnieszka Radwanska (Pol/n° 5) bat Victoria Azarenka (Blr/n° 2) 6-1, 5-7, 6-0.

