La Russie a dénoncé hier une situation qui « échappe à tout contrôle en Ukraine », théâtre de violents affrontements depuis dimanche et où des lois renforçant les sanctions contre les manifestants sont entrées en vigueur à minuit malgré les mises en garde des Occidentaux. Ainsi, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a jugé « indécent » le soutien apporté, selon lui, à l'opposition par les Européens. Ceux-ci ont accusé le pouvoir ukrainien d'avoir provoqué l'escalade de la violence en adoptant des lois répressives contre les contestataires.
Après une seconde nuit consécutive de heurts, une certaine accalmie s'est installée dans le centre de Kiev, les manifestants ne jetant plus de cocktails Molotov sur les policiers. Ces derniers, armés de boucliers, formaient d'imposants cordons, mais sans faire usage de la force. Dimanche, environ 200 000 personnes se sont réunies sur la place de l'Indépendance pour protester. Les violences entre forces de l'ordre et manifestants, à coups de cocktails Molotov et de tirs de balles en caoutchouc, ont fait près de 200 blessés depuis dimanche. 80 policiers ont été hospitalisés. Au total, 50 militants ont été interpellés dont 22 ont été inculpés, a annoncé le ministère de l'Intérieur sans plus de précisions. Au moins 35 journalistes ont été blessés dans les affrontements. D'après un correspondant sur place, plusieurs journalistes ont été grièvement blessés aux yeux par les projectiles qu'ont tirés les forces de l'ordre, qui apparemment visaient la tête.
Les négociations entre le pouvoir et l'opposition semblent au point mort. Vitali Klitschko, l'un des dirigeants de l'opposition, qui ne veut discuter qu'avec le chef de l'État, a quitté la présidence, le président Viktor Ianoukovitch ne pouvant le recevoir car « occupé ».
(Source : AFP)
Moyen Orient et Monde - Ukraine
La Russie dénonce le soutien « indécent » de l’UE à l’opposition
OLJ / le 22 janvier 2014 à 00h00

