La confrontation meurtrière entre les autorités irakiennes et les hommes armés se poursuivait hier à l'ouest de Bagdad, une semaine après que des combattants de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL, lié à el-Qaëda, appelé également Daech) ont déclaré Falloujah « État islamique ». Des combats ont éclaté entre des soldats alliés à des tribus progouvernementales et insurgés à Khaldiyé, une localité située entre Falloujah et Ramadi, a déclaré un haut commandant tribal. En outre, un journaliste à Ramadi a entendu des tirs et des bombardements. Un médecin a évoqué un bilan de deux civils tués ainsi que de quatre civils et huit insurgés blessés.
À Falloujah, un responsable religieux a appelé les cheikhs de la région à intervenir pour résoudre la crise, tout en prévenant que le gouvernement ne devait pas « avoir recours à l'armée pour les combats à l'intérieur des villes ». Ces derniers jours, l'ONU et plusieurs ONG ont prévenu que le blocus imposé par les autorités à Falloujah et dans les environs privait les civils d'approvisionnement en eau, en nourriture et en carburant, essentiel pour faire fonctionner les générateurs d'électricité. Selon le Croissant-Rouge irakien, les combats à Falloujah ont poussé plus de 13 000 familles à fuir dans des régions voisines.
(Rétrospective : 2013, année la plus meurtrière en Irak depuis 2008)
Après avoir annoncé une attaque majeure contre la ville et déployé des renforts tout autour, l'armée a assuré qu'elle ne mènerait pas d'assaut dans l'immédiat pour éviter des victimes civiles. Une attaque contre Falloujah risque d'aggraver les tensions entre la minorité sunnite et le gouvernement, et constitue un défi de taille pour les forces gouvernementales qui n'ont encore jamais mené une opération de cette ampleur depuis le départ des derniers soldats américains il y a deux ans.
Par ailleurs, des membres de tribus et des policiers ont repris deux quartiers de Ramadi des mains d'insurgés liés à el-Qaëda, selon le commandant d'une milice tribale. « Nous avons totalement libéré la zone de Malaab et son commissariat, ainsi que la zone de Fursan », a précisé cette source.
Les violences, déclenchées le 30 décembre, ont fait plus de 250 morts, selon un décompte basé sur des sources médicales et officielles. Outre l'armée et les combattants de l'EIIL, les tribus lourdement armées de la région ont pris part à ces combats, certaines avec et d'autres contre les forces gouvernementales. Hier en outre, trois policiers ont été abattus dans la province de Diyala et un autre dans la province de Ninive.
La crise à al-Anbar et la persistance d'un niveau élevé de violences dans le reste du pays constituent l'une des menaces les plus importantes pour le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki, au pouvoir depuis huit ans, à quelques mois des élections législatives prévues en avril.
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