Un journal publiait il y a trois jours une dépêche de Baalbeck, adressée à M. de Jouvenel et réclamant l'annexion de cette ville à l'État de Damas.
Cette dépêche, signée des divers membres de la famille Haïdar, vaut ce qu'elle vaut : c'est-à-dire rien.
Parmi tous les membres de la famille Haïdar, il y avait un Haïdar en particulier qui n'avait pas le droit de signer cette dépêche : c'est le président de la municipalité de Baalbeck, Toufic Haïdar.
Il existe en effet un arrêté 1208 qui prévoit à l'article 51 ce qui suit : « Il est interdit à tout conseil municipal de prendre des proclamations et des adresses, soit d'émettre des vœux d'ordre politique, religieux ou d'administration générale. Tout acte ou toute délibération pris en violation de cet article sont nuls de plein droit sans qu'il soit besoin de le prononcer et sans préjudice des sanctions qui pourraient être décidées par le gouverneur. »
Pour la bonne marche des affaires publiques, il convient donc que M. le président de la municipalité de Baalbeck soit traduit, aussitôt que possible, devant un conseil de discipline.
Notez d'ailleurs que ce brave Toufic Haïdar, qui ne veut plus être libanais, est le propre frère de Saïd pacha, qui avait été le premier à réclamer le Grand Liban en 1920, à Zahlé, en présence du général Gouraud lui-même.
Le président de Baalbeck est, au surplus, l'oncle de Soubhi Haïdar, député libanais, et d'Ibrahim Haïdar, qui émarge au budget libanais en sa qualité de directeur de l'Agriculture de l'État du Grand Liban (...).

