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Diaspora - Diaspora

Albert Cheker, un homme d’affaires uruguayo-libanais polyvalent

Un ambassadeur du Liban dynamique. C'est le moins que l'on puisse dire d'Albert Cheker, un homme d'affaires uruguayo-libanais, qui œuvre pour donner une belle image de son pays d'origine.

Abert Cheker, troisième à partir de la gauche, en compagnie d’un groupe de Colombiens d’origine libanaise au Costa Rica.

À l'instar de nombreux Libanais ayant quitté leur pays en quête d'un avenir meilleur outre-mer, Chaker Melhem Cheker a quitté sa ville natale de Zouk Mikaël, au début des années 1930. Il avait alors 15 ans. « Une de ses sœurs était déjà installée en Uruguay avec son mari, explique son fils, Albert Cheker. Ma tante les a suivis, puis un de mes oncles. Seuls deux oncles sont restés au Liban. Du côté de ma mère également, la famille, originaire de Ghazir, a émigré en Uruguay. Ma mère, Martha Khoury Chelala, y est d'ailleurs née. »
Les premières années de Chaker Melhem Cheker en Uruguay n'étaient pas faciles. « Il était jeune, sans le sous et ne connaissait pas la langue, raconte Albert Cheker. Mais mon père était un homme très intelligent. Il a réussi à s'adapter à la vie uruguayenne assez vite. Puis il a rencontré ma mère avec qui il a eu trois fils. Ma mère l'a beaucoup soutenu et elle nous a inculqués le respect de la famille et de la patrie. »


À Montevideo, Chaker Melhem Cheker a ainsi commencé par travailler avec une famille de commerçants libanais. « Deux ans plus tard, il monte sa propre usine de textiles, note Albert Cheker. J'avais 16 ans lorsque j'ai rejoint mon père à l'usine. J'ai travaillé avec lui jusqu'à ce qu'il décède dans un accident de voiture à l'âge de 66 ans. »


Dans les années 1980 toutefois, Albert Cheker et ses frères décident de vendre l'usine familiale et de se lancer dans les affaires, plus précisément dans l'import-export. « La concurrence chinoise a eu des répercussions négatives sur le secteur industriel en Uruguay, souligne-t-il. D'ailleurs, les nouveaux acquéreurs de l'usine ont dû la fermer un an après l'avoir achetée. » Orienté vers le commerce, Albert Cheker a « introduit sur le marché un nouveau produit, les toilettes portables ». Quelque deux décennies plus tard, la concurrence devenant vive, il décide de se retirer du marché. Depuis, il se consacre à l'import-export. Son entreprise est spécialisée dans les produits agroalimentaires. « Nous, les Libanais, aimons travailler dans plusieurs domaines à la fois », constate-t-il.

 

Des vacances en famille...
Énergique, passionné de la vie, cet homme de 67 ans s'enorgueillit d'être parmi « les rares émigrés à avoir ma carte d'identité et mon passeport libanais ». Marié à une Italienne, père de trois enfants (deux filles et un garçon) et trois fois grand-père, Albert Cheker a communiqué l'amour qu'il porte pour le Liban à toute sa famille. « Ma femme Antonella est aussi passionnée du Liban que moi, confie-t-il. Elle y est même venue bien avant que je ne le fasse. C'était en 1993. À l'époque, j'étais à la tête de la communauté libanaise en Uruguay. La guerre civile avait pris fin et je voulais changer l'image qu'on avait du Liban. Ma femme, qui avait de l'expérience dans le tourisme, avait alors organisé un voyage de deux semaines à l'intention d'un groupe de dix-huit Uruguayens d'origine libanaise. Ils ont découvert le pays et sont entrés en contact avec des membres de leurs familles. Puis d'autres voyages ont suivi. C'était une bonne expérience, parce que les jeunes ont pu constater qu'en dépit des problèmes graves que connaissait le Liban, la vie continuait. Les Libanais sont un peuple résistant. »


Et Albert Cheker de poursuivre : « J'ai grandi en aimant le Liban. Mon père m'a toujours parlé du pays. Il est mort sans qu'il n'y retourne, parce qu'il craignait les avions. Personnellement, j'essaie d'y aller autant que possible. Au moins, une fois tous les deux ans, pour des questions de travail, mais aussi pour revoir ma famille avec qui j'ai maintenu le contact. Mon seul regret, c'est de ne pas avoir appris la langue. Pourtant mon père et mes grands-parents avaient tellement insisté pour que je le fasse. C'était une erreur, d'autant que lorsque je me trouve parmi des Libanais, j'ai du mal à comprendre ce qu'ils disent. Plus tard, je n'ai pas fait un effort pour apprendre la langue. Je voyage et je sors beaucoup. J'aurais pu trouver du temps pour l'apprendre, mais je n'aime pas lire ni rester derrière un bureau. »
Les enfants d'Albert Cheker n'ont pas connu leur pays d'origine non plus. « À force de leur parler du Liban, ils ont envie de le visiter, indique-t-il. Ma femme et moi comptons d'ailleurs y passer les vacances avec nos enfants et nos petites-filles. Mais avec l'emploi de temps de chacun d'entre nous, nous n'arrivons pas à organiser ce voyage. Nous finirons bien par trouver un moyen. »

 

Encourager le tourisme
Quid de la communauté libanaise ? « Elle est bien intégrée et très unie, affirme Albert Cheker. Le peuple uruguayen est très hospitalier. Il nous a bien accueillis. Par ailleurs, nous essayons de maintenir les traditions. Lorsque nous recevons, à titre d'exemple, ma femme ne cuisine que des plats libanais. Elle profite de nos visites au Liban pour s'approvisionner surtout en épices, parce que nous avons des difficultés à en trouver en Uruguay. Pour cela, il faudrait aller en Argentine ou au Brésil. »
Ce qui est normal, selon Albert Cheker, qui explique que la communauté libanaise compte quelque 45 000 personnes sur une population de 3,3 millions d'habitants. Les Libanais sont disséminés sur l'ensemble des dix-neuf départements uruguayens. « Le pays est vide, note-t-il. Nous voulons que les Libanais soient plus nombreux à le visiter. Pour cela, nous encourageons les jeunes des deux pays à effectuer des voyages en Uruguay et au Liban. Nous œuvrons aussi pour renforcer l'échange dans le domaine des affaires, de la culture, etc. »

 

À l'instar de nombreux Libanais ayant quitté leur pays en quête d'un avenir meilleur outre-mer, Chaker Melhem Cheker a quitté sa ville natale de Zouk Mikaël, au début des années 1930. Il avait alors 15 ans. « Une de ses sœurs était déjà installée en Uruguay avec son mari, explique son fils, Albert Cheker. Ma tante les a suivis, puis un de mes oncles. Seuls deux oncles sont restés au Liban. Du côté de ma mère également, la famille, originaire de Ghazir, a émigré en Uruguay. Ma mère, Martha Khoury Chelala, y est d'ailleurs née. »Les premières années de Chaker Melhem Cheker en Uruguay n'étaient pas faciles. « Il était jeune, sans le sous et ne connaissait pas la langue, raconte Albert Cheker. Mais mon père était un homme très intelligent. Il a réussi à s'adapter à la vie uruguayenne assez vite. Puis il a...