Le père Georges Vandenbeusch, souriant et fraîchement rasé, a été accueilli à Paris par le président François Hollande. Jacques Demarthon/AFP
Le prêtre catholique français Georges Vandenbeusch, libéré un mois et demi après son enlèvement au Cameroun par le groupe islamiste nigérian Boko Haram, est arrivé mercredi à Paris au terme d'une année marquée par de nombreux rebondissements pour les otages français dans le monde.
Une source de Boko Haram a déclaré mercredi depuis Kano dans le nord du Nigeria que le prêtre avait été libéré « par compassion » en raison notamment de « services médicaux » rendus, et qu'aucune rançon n'avait été versée. Dans la soirée, le père Vandenbeusch a démenti avoir soigné quiconque parmi ses ravisseurs. « Je ne suis ni infirmier ni médecin. S'ils m'avaient amené quelqu'un à soigner avec une hémorragie j'aurais fait ce que je pouvais, mais ils ne l'ont pas fait. Ils n'ont de compassion pour personne », a-t-il dit sur la chaîne de télévision France 2.
Le prêtre a été accompagné de Yaoundé à un aéroport militaire proche de Paris par le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius. L'ex-otage, souriant et fraîchement rasé, a été accueilli par le président François Hollande, des proches, dont ses parents adoptifs, et des membres du diocèse de la banlieue parisienne auquel il était rattaché. « C'est un jour heureux que de retrouver notre compatriote retenu trop longtemps », a déclaré M. Hollande, saluant « le courage, la lucidité et l'abnégation » de l'ex-otage. Le père Georges, 42 ans, était apparu mardi à Yaoundé un peu amaigri et barbu. Souriant et l'air détendu, il s'est dit « en pleine forme ». « Je mesure bien la chance que j'ai. Il y a des otages qui sont restés terriblement longtemps », a-t-il déclaré.
En 2013, les Français ont été visés plus que jamais par les ravisseurs, en Afrique et en Syrie. Il y avait ainsi quinze otages français dans le monde en février dernier. Après cette nouvelle libération, il en reste six : deux au Sahel et quatre journalistes enlevés en Syrie. « Tant que nous n'aurons pas libéré tous nos otages, nous devons être extrêmement rigoureux pour que nous ne puissions pas laisser ces ravisseurs en prendre d'autres », a dit M. Hollande.
(Source : AFP)

