Un plafond de 67 m2 déroulant les différentes étapes du Rosaire.
Située en plein cœur d'un village hissé sur une colline de la région de Ammik, Notre-Dame de la Délivrance de Deir Tahniche est l'une de ces nombreuses églises traditionnelles qui parsèment la grande plaine de la Békaa. Connue comme lieu de pèlerinage et de repentance dédié à la Vierge Marie, elle a été restaurée une première fois en 1960. À l'instigation de l'archevêché maronite de Zahlé, voilà que de nouveaux travaux d'embellissement ont été entrepris récemment. Ils ont été confiés à Michel Skaf, qui collabore à la conservation du patrimoine et des espaces verts de la région, ainsi qu'à Carole Chaker, artiste-peintre qui s'est fait connaître ces dernières années par son « acharnement » à habiller de verdure en trompe-l'œil les murs lépreux et bétonnés des villes de Zahlé et de Beyrouth.
Les travaux, qui ont débuté il y a un an, sont en voie de finition. Outre le parvis restauré, les visiteurs peuvent déjà admirer le plafond entièrement incrusté d'une quarantaine de toiles (120 x 120 cm) reprenant les scènes des différentes étapes du « Rosaire » signées Carole Chaker. Soixante-sept mètres carrés de superficie déroulant, dans un style contemporain proche du naïf et dans une palette de couleurs chaudes, les miracles de l'Évangile sont ainsi enchâssés, comme dans un écrin, entre les murs en pierre de taille de cette vieille église. D'une douce spiritualité.
Diplômée en arts plastiques de l'ALBA en 1992, Carole Chaker s'est également formée à la peinture iconographique ainsi qu'à la fresque murale à Pérouse, en Italie. Amoureuse de la beauté et de la nature, cette artiste et professeure d'art graphique à l'USJ (section Békaa) a, depuis 2005, mis son pinceau et sa palette au service de l'embellissement du pays du Cèdre. Ennemie jurée du béton gris et informe qui défigure les villes et villages, à défaut de pouvoir replanter, reboiser, refleurir les artères cernées de murs grisâtres, elle camoufle ces derniers derrière d'immenses fresques verdoyantes. Avec le concours de sponsors et des municipalités concernées, elle a déjà habillé de trompe-l'œil fleuri et arboré un mur qui longe sur 514 m le quartier de Mar Takla et le boulevard Élias Hraoui à Zahlé, ainsi que deux autres à Beyrouth (avenue Charles Malek et descente de l'Hôtel-Dieu) et l'enceinte du stade municipal de Broummana.
La voilà donc qui, après avoir promené son pinceau vert sur la ville, s'attaque aux plafonds des églises ! Toujours ce désir de faire de l'art un instrument de glorification de la nature comme du divin...
Z.Z.

