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Lifestyle - Cinéma

Quand Scorsese précipite DiCaprio dans la débauche

Dans « Le loup de Wall Street », le réalisateur et son acteur fétiche retracent l'ascension et la décadence d'un ex-trader new-yorkais.

Martin Scorsese refait équipe avec son acteur fétiche, Leonardo DiCaprio, pour une plongée décoiffante et hallucinée dans l’univers débridé et débauché de la finance des années 90, avec « Le Loup de Wall Street ». L’événement cinématographique de cette fin 2013.

Martin Scorsese refait équipe avec son acteur fétiche, Leonardo DiCaprio, pour une plongée décoiffante et hallucinée dans l'univers débridé de la finance des années 90, avec Le loup de Wall Street.


Le dernier opus du maître américain, qui sort mercredi prochain en France et en Amérique du Nord, a fait couler beaucoup d'encre à Hollywood avant même sa sortie, les rumeurs les plus folles ayant couru sur la durée du film et son interminable montage. Au final, Le loup de Wall Street dure trois heures et sort à temps pour concourir aux oscars, dont il est d'ores et déjà l'un des candidats les plus sérieux. Le film a d'ailleurs déjà décroché deux nominations aux Golden Globes, l'une pour la meilleure comédie de l'année, l'autre pour Leonardo DiCaprio, en lice pour le trophée de meilleur acteur de comédie.

Inexplicablement cependant, Scorsese n'a pas été retenu pour la réalisation. À 71 ans, le cinéaste fait pourtant preuve d'une jeunesse insolente, prenant, à bras-le-corps et avec une énergie à faire pâlir les trentenaires de Hollywood, une histoire foisonnante, tragique, indécente et à l'humour décapant.

Adapté de l'autobiographie éponyme de Jordan Belfort, Le loup de Wall Street retrace la grandeur et la décadence d'un trader new-yorkais toxicomane et débauché, de son ascension irrésistible dans le monde de la finance des années 90 à sa disgrâce, sous les coups d'une enquête du FBI. En trois heures menées tambour battant et racontées par Belfort (Leonardo DiCaprio) à la première personne, en connivence permanente avec le spectateur, Scorsese enchaîne les scènes de bravoure, entre lignes de cocaïne, orgies et pétages de plomb, sous une pluie de dollars.

 

 

« Jordan n'a d'autre objectif que de gagner autant d'argent que possible, aussi vite que possible, explique Martin Scorsese dans un entretien au Wall Street Journal. Il entre dans ce monde, le maîtrise avec brio, s'amuse comme un fou et part en vrille. » « Il prend beaucoup de risques parce que cela fait partie intégrante du plaisir. Il est tellement brillant qu'il veut toujours tester ses limites », ajoute-t-il.

McConaughey, Dujardin et Hill
Pour interpréter ce « loup », Scorsese s'est tourné vers le successeur de Robert De Niro dans son panthéon personnel, Leonardo DiCaprio, pour leur cinquième collaboration après Gangs of New York, Les inflitrés, Aviator et Shutter Island. « C'est mieux d'année en année (...) car la confiance est là », déclare l'acteur de 39 ans au Wall Street Journal. Il explique avoir beaucoup parlé avec Jordan Belfort pour créer ce personnage excessif en tous points, valant à l'acteur plusieurs scènes de nu et de franche débauche auxquelles il n'avait pas habitué son public. 

L'ex-trader était « incroyablement ouvert sur sa vie, et notamment ses aspects les plus embarrassants, assure l'acteur. J'ai passé beaucoup de temps avec lui. Je l'ai interrogé sans arrêt, essayant d'inclure dans le film autant de détails que possible. On a rajouté beaucoup d'histoires qui n'étaient même pas dans le livre. »


Le film bénéficie aussi d'une brochette de seconds rôles impeccables, parmi lesquels Matthew McConaughey et Jean Dujardin, pour ses grands débuts dans un film américain après son oscar pour The Artist, dans le rôle d'un banquier suisse peu regardant sur le pédigree de ses clients. Mais le plus impressionnant est sans conteste Jonah Hill – en lice pour tous les trophées de second rôle de la saison – dans le rôle du bras droit de Jordan Belfort. L'acteur, improvisateur né et grand habitué des comédies pour adultes, incarne un col bleu à l'ambition démesurée, qui finit par égaler, voire supplanter, son maître en matière de cynisme et d'abus de drogues. « Être filmé au ralenti par Martin Scorsese en train de sniffer de la cocaïne est probablement le rêve de tout acteur, plaisante-t-il. Il n'y a rien de comparable. À part peut-être avoir des enfants. »

 

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