Huit mois après la désignation de Tammam Salam, le processus de formation du cabinet est toujours au point mort, chaque camp refusant de céder du terrain en faveur de l'autre. Nul ne peut en effet concilier l'inconciliable. Le vide appelant immanquablement la violence, des sources sécuritaires craignent que la vacance ministérielle ouvre ainsi la voie à une multiplication des attentats, notamment contre le Hezbollah et l'armée, dans une volonté manifeste de torpiller la stabilité. Le Liban servirait une fois de plus de boîte aux lettres pour adresser des messages à la communauté internationale à la veille de Genève 2.
Mais le spectre du chaos sécuritaire ne semble pas inquiéter outre mesure le 8 Mars, qui s'attache au cabinet Mikati, à travers lequel il compte maintenir son emprise sur l'exécutif, notamment dans une perspective préventive. Cependant, le Hezbollah prétend désormais qu'il ne retirera ses combattants de Syrie et ne modifiera ses positions que s'il obtient des garanties du directoire du courant du Futur au sujet du cabinet. En clair : que ce dernier lui concède le tiers de blocage en vertu de la formule des « 6+9+9 » et la reconduction de la formule armée-peuple-résistance. Le parti chiite prétend également que le discours du 14 Mars est « trop inquiétant » à son égard et qu'il ne peut par conséquent abandonner le pouvoir et accepter un retour du camp adverse, de peur d'être la cible de toutes les attaques. Et si le 14 Mars refuse de lui donner les garanties qu'il réclame au plan local, le Hezbollah exigera ces garanties de pays influents sur la scène arabe et internationale, qui sauront « convaincre » le camp souverainiste de céder du terrain. Ce n'est qu'alors qu'il sera possible d'étudier différentes possibilités de formules ministérielles, soutient le Hezbollah, qui défend mordicus la thèse selon laquelle il a obtenu « un triomphe à l'échelle régionale », dont il compte bel et bien tirer les dividendes sur le plan intérieur.
Selon des observateurs avisés, les puissances occidentales seraient désormais convaincues de la nécessité d'un cabinet neutre formé de technocrates, à même de dynamiser les institutions, de s'occuper des soucis des citoyens et de relancer le dialogue. C'est cette option qui serait privilégiée, en échange de garanties données au Hezbollah afin qu'il permette à ce cabinet de voir le jour. D'autant que ce gouvernement ne sera là que pour trois mois, jusqu'à la fin du mandat du président Michel Sleiman, le 25 mai prochain, et qu'il ne fera qu'expédier les affaires courantes, puisque le Parlement se transformera dès le 25 mars en collège électoral. Cette option bénéficie évidemment de l'aval de Tammam Salam lui-même, qui devrait reprendre le chemin de Baabda sous peu pour relancer le processus de formation d'un cabinet neutre, en dépit du fait que le chef du PSP, Walid Joumblatt, continue de prôner les « 6+9+9 » pour complaire au Hezbollah.
En tout état de cause, soutiennent des constitutionnalistes, le cabinet dont le chef de l'État signera le décret de formation sera constitutionnel, quoi qu'en disent les contempteurs. Et s'il n'obtient pas la confiance à la Chambre, ce cabinet expédiera constitutionnellement les affaires courantes, en dépit des menaces des uns et des autres, qui seront considérées comme « des tentatives insurrectionnelles contre la légalité ». Pour peu que quelqu'un ait encore la vaine tentation de se livrer aujourd'hui, à l'ombre de la situation globale, à des scénarios d'intimidation comme celui des « chemises noires »...
Liban - L’Éclairage
Gouvernement : le 8 Mars exige des garanties pour le déblocage
OLJ / Par Philippe Abi-Akl, le 19 décembre 2013 à 00h00


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
S'il s'attend a des guaranties de la classe politique libanaise , il va droit ds le mur . Mais comme il est tout sauf bête , les guaranties , il sait ou les prendre .. tout sauf bête je vous dis ..
17 h 02, le 19 décembre 2013