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Moyen Orient et Monde - Corée Du Nord

Exécution du numéro 2 officieux à Pyongyang : signe de fébrilité ou de contrôle absolu ?

Séoul et Washington s'inquiètent de la purge au sommet.

Le jeune dirigeant de Corée du Nord a éliminé son oncle et mentor avec une brutale efficacité. Cette purge, la plus violente au sommet de l'État depuis des décennies, est-elle un signe de fébrilité ou au contraire de maîtrise absolue de la part de Kim Jong-un ?
Pour Cha Du-hyeogn, de la Fondation coréenne, l'exécution menée tambour battant de Jang Song-thaek, annoncée hier par Pyongyang, masque « une instabilité chronique » dans ce pays communiste doté de l'arme nucléaire. « Le Nord a besoin d'un bouc émissaire pour s'exempter de tous les échecs » économiques et politiques, déclare l'analyste. « Mais si la purge s'étend, ça risque de sérieusement entamer la base sur laquelle se repose » Kim Jong-un, âgé d'une trentaine d'années et à la tête du pays depuis décembre 2011. Selon des propos rapportés par l'agence officielle nord-coréenne KCNA, Jang a avoué lors de son procès avoir « essayé d'attiser les plaintes du peuple et de l'armée contre l'échec du régime actuel à gérer la situation économique et les moyens de subsistance de la population ». Des paroles qui semblent reconnaitre, même de façon indirecte, les graves difficultés économiques du pays.
Les experts soulignent la férocité dont a fait preuve le jeune homme, y compris à l'aune de ce régime qui étouffe tout embryon d'opposition : arrestation et humiliation publique du haut dirigeant – via la diffusion de photos –, procès express, exécution dans la foulée. Le tout en quelques jours. « Il est rare que l'exécution d'un très haut dirigeant soit menée de manière aussi publique, souligne Yang Moo-jin, de l'Université des études nord-coréennes à Séoul. Cela vise à instiller une terreur maximale dans la population afin de garantir la loyauté envers Kim Jong-un et consolider le pouvoir entre ses seules mains. » Et les griefs énoncés contre Jang lors du procès – applaudissements insuffisamment vigoureux lors des discours de son neveu par exemple – signalent un renforcement supplémentaire du culte de la personnalité, déjà omniprésent, indique Yang Moo-jin.
De son côté, Washington a indiqué ne pas pouvoir confirmer l'exécution de Jang « de manière indépendante ». « Mais nous n'avons aucune raison de douter de l'information de KCNA », a déclaré la porte-parole adjointe du département d'État, Mary Harf. « Si c'est confirmé, nous avons un autre exemple de la brutalité extrême de ce régime. Nous suivons de près les développements en Corée du Nord, et consultons nos alliés et partenaires dans la région. »
À Séoul, voisin et frère ennemi du Nord, le gouvernement a exprimé sa « profonde inquiétude à propos de (ces) développements récents ». Le pays sera pleinement préparé à « toutes les possibilités dans l'avenir », tout en travaillant étroitement avec ses alliés, a ajouté le ministère de l'Unification, en charge des relations entre les deux Corées.
Pour Paik Hak-soon, du Sejong Institute à Séoul, l'affaire Jang prouve également l'assurance de Kim Jong-un dans son pouvoir. « Kim est désormais fermement à la barre, après avoir écarté tout défi potentiel à son autorité », déclare l'expert, qui ne voit « aucun signe d'instabilité ou de panique au sommet ». En écartant ainsi son oncle, le dirigeant projette une image « de leader sans peur qui peut écraser brutalement tout concurrent éventuel », ajoute Paik Hak-soon.

(Source : AFP)

Le jeune dirigeant de Corée du Nord a éliminé son oncle et mentor avec une brutale efficacité. Cette purge, la plus violente au sommet de l'État depuis des décennies, est-elle un signe de fébrilité ou au contraire de maîtrise absolue de la part de Kim Jong-un ?Pour Cha Du-hyeogn, de la Fondation coréenne, l'exécution menée tambour battant de Jang Song-thaek, annoncée hier par Pyongyang, masque « une instabilité chronique » dans ce pays communiste doté de l'arme nucléaire. « Le Nord a besoin d'un bouc émissaire pour s'exempter de tous les échecs » économiques et politiques, déclare l'analyste. « Mais si la purge s'étend, ça risque de sérieusement entamer la base sur laquelle se repose » Kim Jong-un, âgé d'une trentaine d'années et à la tête du pays depuis décembre 2011. Selon des propos rapportés...
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