Aux abords de l’aéroport, où les organisations humanitaires craignent les épidémies, quelques Centrafricains ont dressé des tentes ou fabriqué des abris avec des sacs en plastique. Fred Dufour/AFP
Des points d'extrême tension subsistaient hier à Bangui, notamment dans le quartier majoritairement musulman du PK-5, au centre-ville, où les corps de six musulmans, dont un enfant de 7 ans, massacrés par des chrétiens, ont été amenés à la mosquée, selon des témoins. En représailles, un chrétien circulant à moto a été tué à la machette par une foule en colère. Au même endroit, une patrouille de l'opération française Sangaris a été violemment prise à partie par des musulmans en colère, et un moment presque encerclée par la foule qui criait « Français complices », « Vous aidez les chrétiens à nous tuer ! ».
Ailleurs, dans les quartiers de Bangui relativement épargnés par les violences, la vie revenait peu à peu à un semblant de normalité. « La nuit a été calme, la situation progressivement est sécurisée », a déclaré le président français François Hollande en visite au Brésil. « Mais, enfin, il faut être très attentifs, prudents, vigilants et faire le désarmement jusqu'au bout », a-t-il ajouté. Car selon l'état-major français, il resterait entre « 3 000 à 8 000 membres de groupes armés » dans la capitale.
Entassés sur 4 hectares
Sur le plan humanitaire, la situation était jugée alarmante par des ONG présentes à Bangui et en province alors que le flot des Centrafricains fuyant les violences grossit. Selon des agences de l'ONU, on compte plus de 100 000 déplacés rien que dans Bangui sur environ 800 000 habitants. Massés aux abords de l'aéroport pour se placer sous la protection de l'armée française, ils étaient au moins 45 000 hier matin, selon des sources humanitaires sur place. Quelques tentes y ont été dressées, certains ont fabriqué des abris avec des sacs en plastique, mais la plupart demeuraient à la belle étoile. Les organisations humanitaires y considèrent la situation comme la plus alarmante, avec de possibles risques d'épidémies. Médecins sans frontières (MSF) y a monté une clinique mobile, qui assure 200 à 300 consultations par jour. Mais il y a seulement deux points d'eau, installés par la Croix-Rouge, pour tous les déplacés. Et depuis une semaine, les agences d'aide des Nations unies n'ont procédé à aucune distribution de nourriture, a déploré sous couvert d'anonymat un responsable humanitaire. MSF, qui appelle à un « changement urgent et radical de la réponse humanitaire des Nations unies » à la hauteur de la crise actuelle, a adressé hier une lettre ouverte à la
secrétaire générale adjointe de l'ONU chargée des affaires humanitaires Valérie Amos.
La situation est aussi très grave à l'intérieur du pays, comme à Bossangoa, ville du Nord-Ouest où, depuis deux mois, 40 000 chrétiens fuyant des exactions se sont rassemblés autour de l'archevêché « entassés sur seulement 4 hectares », explique Action contre la faim (ACF) dans un communiqué. Ailleurs dans la ville, les violences de la semaine dernière ont entraîné le quadruplement des réfugiés musulmans, passés de 1 600 à près de 7 000.
Signe toutefois d'un relatif retour à la normale, Air France a annoncé qu'elle reprenait hier son vol hebdomadaire vers Bangui, annulé mardi. Et une semaine après le feu vert de l'ONU à l'opération de la France, officiellement en appui à la force africaine (Misca) déjà présente en Centrafrique, de premiers renforts de pays du continent arrivaient. Une cinquantaine de soldats burundais ont quitté Bujumbura pour préparer le déploiement d'un contingent de 850 hommes. Ils vont rejoindre les plus de 3 000 soldats africains déjà présents et qui doivent à terme totaliser 6 000 hommes et prendre la relève des Français.
(Source : AFP)


IL PARAÎT QUE CELA A COMMENCÉ À L'INTÉRIEUR DU PAYS Où DES CHRÉTIENS ÉTAIENT MASSACRÉS, ET çA S'EST DÉVELOPPÉ À L'INVERSE À BANGUI. QUI QUE SOIENT LES AGRESSEURS/TUEURS/ASSASSINS, MUSULMANS OU CHRÉTIENS, LES UNS CONTRE LES AUTRES, C'EST CONDAMNABLE SANS RÉSERVE !
19 h 02, le 13 décembre 2013