Des députés du courant du Futur ont pris la défense hier du président de la République Michel Sleiman, face aux propos tenus mardi par le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, le député Mohammad Raad, qui avait reproché au chef de l'État d'avoir tancé le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, sur ses accusations à l'encontre de l'Arabie saoudite dans l'affaire du double attentat-suicide contre l'ambassade d'Iran à Bir Hassan.
Dans un entretien à l'agence al-Markaziya, le député Ammar Houry a qualifié d'« indélicats » les propos tenus par M. Raad, estimant que les accusations du chef du Hezbollah contre Riyad, reprises crescendo mardi par son député, constituaient « une accusation politique indigne d'une partie politique qui souhaite préserver sa crédibilité ». Des sources du 14 Mars citées par l'agence al-Markaziya ont par ailleurs invité le secrétaire général du Hezbollah à livrer à la justice les données importantes dont il disposerait, selon M. Raad, et qui impliqueraient l'Arabie saoudite dans le double attentat. « Pourquoi Nasrallah n'a-t-il pas informé l'Iran de ses données, puisque Téhéran s'est empressé d'accuser Israël ? Si l'Iran innocente l'Arabie et accuse Israël, pour quelles raisons le Hezbollah fait-il l'inverse ? » s'interrogent ces sources.
Dans le même temps, deux députés du Futur ont séparément évoqué la possibilité d'une rallonge du mandat du président Sleiman. Le député Bassem el-Châb a ainsi affirmé dans un entretien à la Voix du Liban : « Les positions de Sleiman ont été justes vis-à-vis de la Constitution et du peuple libanais qui l'a élu. Je suis en faveur de l'élection d'un nouveau président. Mais si cela s'avère impossible, je suis avec la prorogation du mandat du président de la République, comme garantie face au vide. » Plus nuancé, le député Hadi Hobeiche a affirmé étudier la « possibilité d'un amendement constitutionnel », qui pourrait examiner deux options : soit préserver le président dans ses fonctions à la fin de son mandat si l'élection d'un successeur s'avère impossible, et ce jusqu'à ce qu'un scrutin soit organisé ; soit, si cela s'avère impossible au plan constitutionnel, contraindre les députés à assister à la séance pour que l'élection ait lieu.
Liban
Face à Raad, le courant du Futur défend Sleiman
OLJ / le 12 décembre 2013 à 00h00

