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Moyen Orient et Monde - Conflit Territorial

Le Canada va cartographier le pôle Nord, la Russie augmenter sa présence militaire

Le président russe Vladimir Poutine discute avec le ministre de la Défense Sergei Shoigu d’une présence militaire renforcée de la Russie au pôle Nord. RIA-Novosti/POOL/Mikhail Klimentyev/AFP

Le Canada va cartographier les fonds marins de l'Arctique pour tenter de défier la Russie avec laquelle il se dispute la souveraineté sur le pôle Nord. En commandant des études scientifiques supplémentaires, le Canada veut prouver que « la dorsale de Lomonossov » constitue bien une avancée du plateau continental canadien et revendiquer ainsi le pôle Nord, selon le dossier présenté lundi par le gouvernement et déposé vendredi à une commission spécialisée des Nations unies. C'est au sommet de cette chaîne de montagne sous-marine qui traverse l'océan Arctique sur 1 800 km de long, entre les eaux sibériennes et l'île canadienne d'Ellesmere, qu'une mission russe avait déployé à l'été 2007, par 4 200 mètres de profondeur, à la verticale du pôle Nord, le drapeau blanc, bleu et rouge de la Russie. À l'époque, cette opération très médiatisée avait mis en valeur la suprématie russe dans le Grand Nord (Ottawa ne dispose d'aucun port en eau profonde à ces latitudes ni de brise-glace nucléaire) et suscité l'ire du gouvernement canadien de Stephen Harper.
Au pouvoir depuis 2006, les conservateurs de M. Harper ont fait de la défense de la souveraineté canadienne sur l'Arctique un pilier de leur politique.

Regain d'intérêt
La Convention des Nations unies sur le droit de la mer offrait une belle occasion aux troupes de M. Harper de rappeler leurs prétentions nordiques. Cet organe onusien permet aux États côtiers de faire reconnaître des droits souverains sur les ressources naturelles des fonds marins du plateau continental, au-delà de la limite des eaux territoriales des 200 miles marins. Ottawa avait jusqu'à vendredi dernier pour déposer ses demandes, étayées par des preuves techniques. Les règlements de la Convention sur le droit de la mer permettant d'amender une revendication initiale, instructions ont été données aux scientifiques canadiens « de compléter la cartographie de la dorsale de Lomonossov », a précisé lundi le ministère des Affaires étrangères. Il va falloir « entreprendre des travaux scientifiques considérables pour définir les limites extérieures d'un plateau continental de cette taille », a reconnu Ottawa.
De son côté, et en réponse au lancement de cette procédure par le Canada, le président russe Vladimir Poutine a ordonné hier d'augmenter la présence militaire russe dans l'Arctique. Il a notamment indiqué qu'il s'agissait de remettre en service l'aéroport militaire de Tiksi, en zone polaire au nord de la Iakoutie (Sibérie orientale), et de mener des travaux sur celui de Severomorsk, sur la mer de Barents, dans le nord-ouest de la Russie.
En plus de la Russie et du Canada, le Danemark a également revendiqué dans le passé la souveraineté sur le pôle Nord. L'intérêt croissant pour cet océan septentrional s'explique par les perspectives grandissantes offertes par la fonte des glaces. Le trafic maritime entre l'Asie et l'Europe pourrait s'accélérer. Par ailleurs, le sous-sol de cette région pourrait contenir 22 % des réserves mondiales d'hydrocarbures conventionnelles non découvertes. La prospection pétrolière et gazière a déjà débuté côté russe, et le géant Gazprom doit lancer la production sur sa plate-forme Prirazlomnaïa que des militants de Greenpeace ont tenté d'escalader en septembre.

(Source : AFP)

Le Canada va cartographier les fonds marins de l'Arctique pour tenter de défier la Russie avec laquelle il se dispute la souveraineté sur le pôle Nord. En commandant des études scientifiques supplémentaires, le Canada veut prouver que « la dorsale de Lomonossov » constitue bien une avancée du plateau continental canadien et revendiquer ainsi le pôle Nord, selon le dossier présenté lundi par le gouvernement et déposé vendredi à une commission spécialisée des Nations unies. C'est au sommet de cette chaîne de montagne sous-marine qui traverse l'océan Arctique sur 1 800 km de long, entre les eaux sibériennes et l'île canadienne d'Ellesmere, qu'une mission russe avait déployé à l'été 2007, par 4 200 mètres de profondeur, à la verticale du pôle Nord, le drapeau blanc, bleu et rouge de la Russie. À l'époque,...
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