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Moyen Orient et Monde - Sommet

Les pays du CCG plus divisés que jamais

S'unir face à l'Iran ne met pas d'accord toutes les monarchies du Golfe.

Le Conseil de coopération du Golfe réuni pour son 34e sommet au Koweït. Yasser al-Zayyat/AFP

Les six monarchies pétrolières du Golfe ont ouvert hier à Koweït leur sommet annuel au milieu de divisions sur un projet d'union proposé par l'Arabie saoudite et l'attitude à adopter face à leur voisin iranien. Ce sommet de deux jours se tient en l'absence des chefs d'État d'Arabie saoudite, d'Oman et des Émirats arabes unis, membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui regroupe aussi le Koweït, Bahreïn et le Qatar.
L'émir du Koweït, cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah, a rappelé, dans un bref discours d'ouverture, que les membres du CCG s'étaient « félicités » de l'accord intérimaire signé en novembre entre Téhéran et les grandes puissances, et émis l'espoir qu'un accord final « mettra la région à l'abri des tensions ». L'émir du Koweït n'a cependant pas évoqué le projet d'union du Golfe, rejeté d'avance par Oman qui a menacé de se retirer du CCG si le projet était adopté.
La semaine dernière, le ministre omanais des Affaires étrangères Youssef ben Alaoui avait déclaré, lors d'un forum sur la sécurité régionale à Bahreïn, être contre l'union des pays du CCG. Il réagissait à un discours du ministre d'État saoudien aux Affaires étrangères, Nizar Madani, qui avait appelé les pays du CCG à s'unir pour faire face aux nombreux défis auxquels la région est confrontée. Jamais un membre du CCG n'a été aussi clair dans son refus de ce projet défendu par Riyad, qui s'inquiète d'une influence régionale grandissante de l'Iran, notamment après l'accord signé en novembre à Genève.
« Le CCG traverse des crises internes », a souligné Antoine Basbous, directeur de l'Observatoire des pays arabes, basé à Paris, en citant « les divisions entre ses membres et les divergences sur l'attitude à adopter face à l'Iran ». « Certains pays comme le Qatar craignent, même s'ils ont verbalement soutenu le projet saoudien, une hégémonie de Riyad », estime M. Basbous. En outre, les relations sont tendues entre ces deux pays qui affichent des positions aux antipodes sur les dossiers syrien et égyptien, remarquent des analystes.
Les Émirats arabes unis ne se montrent pas non plus enthousiastes pour le projet d'union proposé par Riyad. Hier, l'influent quotidien al-Khaleej de Charjah, qui reflète les vues officielles des Émirats, a clairement souligné qu'il convenait avant d'envisager une telle union de mettre fin aux divergences au sein du CCG. Le ministre d'État koweïtien au Conseil des ministres, cheikh Mohammad Abdallah al-Sabah, a laissé entendre à la veille du sommet que ce projet ne serait pas abordé à Koweït.

Riyad boude
L'offensive de charme lancée par l'Iran en direction de ses voisins arabes après l'accord de Genève divise en outre les monarchies du Golfe. Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif s'est rendu récemment dans quatre des pays du CCG (Émirats, Oman, Qatar et Koweït). En dépit de ses appels du pied en direction de l'Arabie saoudite qu'il a invitée à ouvrir une nouvelle page avec l'Iran, il n'a pas été reçu à Riyad. Le ministre iranien ne s'est pas non plus rendu à Bahreïn, où les autorités soupçonnent Téhéran de soutenir en sous-main la contestation chiite dans ce petit pays allié des Saoudiens.
« L'Arabie saoudite est très en colère à propos du 'rapprochement' entre l'Iran et les États-Unis, et y voit un coup de poignard dans le dos », selon M. Basbous. Des responsables saoudiens ont publiquement exprimé leur déception à l'encontre des États-Unis auxquels ils reprochent en outre leur passivité en Syrie.
Au plan économique, les pays du CCG, qui contrôlent 40 % des réserves pétrolières mondiales et le quart des réserves de gaz, vont remettre sur la table leur projet d'intégration qu'ils peinent à concrétiser depuis la création de ce regroupement régional en 1981.
(Source : AFP)

Les six monarchies pétrolières du Golfe ont ouvert hier à Koweït leur sommet annuel au milieu de divisions sur un projet d'union proposé par l'Arabie saoudite et l'attitude à adopter face à leur voisin iranien. Ce sommet de deux jours se tient en l'absence des chefs d'État d'Arabie saoudite, d'Oman et des Émirats arabes unis, membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui regroupe aussi le Koweït, Bahreïn et le Qatar.L'émir du Koweït, cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah, a rappelé, dans un bref discours d'ouverture, que les membres du CCG s'étaient « félicités » de l'accord intérimaire signé en novembre entre Téhéran et les grandes puissances, et émis l'espoir qu'un accord final « mettra la région à l'abri des tensions ». L'émir du Koweït n'a cependant pas évoqué le projet d'union du Golfe, rejeté...
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