Le risque de ne pas respecter l'échéance présidentielle et de consacrer un nouveau vide à la tête de la République est bien présent. Et avec l'approche de la fin du mandat du président Michel Sleiman, de nombreuses questions se posent quant à l'avenir du pays, si jamais le Premier ministre désigné Tammam Salam ne réussissait pas à former un gouvernement d'ici là. Le cabinet Mikati, chargé aujourd'hui d'expédier les affaires courantes, serait-il alors en charge de l'exécutif ?
Selon le député Boutros Harb, « le gouvernement Mikati cessera d'exister dès l'instant où le décret de formation d'un nouveau cabinet aura été émis ». Dans une entrevue accordée à l'agence al-Markaziya, M. Harb a souligné sur ce plan que « la Constitution stipule clairement qu'en cas de vide à la présidence, le Conseil des ministres prend en charge les prérogatives du président, sans indiquer si le Conseil doit avoir obtenu le vote de confiance du Parlement ou non ». « Si un nouveau cabinet est formé mais ne reçoit pas la confiance du Parlement, il peut exercer quelques prérogatives dans les cas d'urgence, si un décret urgent requiert la signature du président, s'il y a danger ou crise grave. Si le président Sleiman et le Premier ministre désigné Tammam Salam n'arrivent pas à former un cabinet d'ici à l'échéance présidentielle, le cabinet Mikati continuera d'expédier les affaires courantes », a-t-il expliqué.
Nabil de Freige
La crise gouvernementale continue par ailleurs de focaliser l'attention de nombreux députés, surtout au sein du courant du Futur. Le député Nabil de Freige a indiqué à ce propos, samedi, que « Tammam Salam ne désespérera pas et a le souffle long » et que « le problème ne réside pas en la personne de Tammam Salam mais bien dans la forme que prendra le nouveau cabinet ». Il a en outre assuré que le 14 Mars refuse d'accorder le tiers de blocage, notant la possibilité de former un cabinet de non-partisans « vu le climat de méfiance qui règne entre les Libanais ».
De son côté, le député Assem Araji a estimé hier que le pays se dirige vers un vide à la présidence, « car le Hezbollah et le 8 Mars tentent d'imposer leurs conditions, notamment la tenue d'un congrès fondateur qui consacrerait le partage du pouvoir selon la règle des trois tiers ». Quant à Ahmad Fatfat, il a assuré que l'Arabie saoudite n'a rien à voir avec le rejet par le 14 Mars de la formule 9-9-6. « Même si Saad Hariri présidait le cabinet, je n'accepterai pas une telle formule, car elle consacre l'invasion de Beyrouth », a-t-il affirmé.


C'est qui Boutros Harb...?
20 h 13, le 09 décembre 2013