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Lifestyle - Société

« Lekki Wives », le « Desperate Housewives » nigérian

Une série à succès raconte les dessous de la richesse dans un pays où la prospérité issue du pétrole est loin d'avoir amélioré le quotidien de tous ses habitants.

Blessing Effiom Egbe, la scénariste et réalisatrice de la série à succès « Lekki Wives ». Emmanuel Arewa/AFP

Avec ses histoires d'adultères, de trahisons, d'argent qui coule à flot, la série « Lekki Wives » est devenue le programme dont on parle le plus au Nigeria. Cette comédie humaine, qui se déroule dans l'une des nouvelles banlieues chic de Lagos, n'est pas seulement née de l'imagination des producteurs. Elle lève un coin du voile sur la vie des nouveaux riches dans la très selecte banlieue de Lekki, où la scénariste et réalisatrice Blessing Effiom Egbe vit depuis huit ans. « Lekki Wives », dont le nom est emprunté à « Desperate Housewives », décrit l'obsession de l'ascension sociale dans un pays où la prospérité issue du pétrole est loin d'avoir amélioré le quotidien de tous ses 170 millions d'habitants. La série, et c'est peut-être ce qui fascine les téléspectateurs, montre « tout le mal que les gens sont prêts à faire pour l'argent », explique Blessing Egbe. « On a un peu poussé le bouchon. On ne cherche pas à être gentils », explique-t-elle.
Vêtues de robes ultracourtes, juchées sur des talons interminables, maquillées outrageusement, les cinq héroïnes, Cleopatra, Lovette, Peace, Miranda et Uju, réussissent grâce à leurs charmes et profitent sans état d'âme de la vie de femmes-trophées d'époux fortunés. Avec la plus grosse population et la plus importante industrie pétrolière du continent, le Nigeria a connu une croissance économique de 7 % pendant la dernière décennie, un des taux les plus élevés de la planète. Et pourtant, la pauvreté s'est aggravée depuis 2004, a reconnu le gouvernement l'an dernier. La classe moyenne s'est élargie, mais l'argent est surtout concentré dans les mains de ploutocrates au sommet de la société. Les intrigues de « Lekki Wives » sont « à 99 % » inspirées par des histoires vraies de gens qui cherchent à faire partie de l'élite, explique Mme Egbe. Les personnages évoquent leurs désirs et états d'âme dans des monologues face à la caméra.
Pour entrer dans les complexes résidentiels de Lekki, un des quartiers en plein essor et les plus convoités de Lagos, il faut franchir un portail de sécurité. Banques, hôtels, galeries commerciales, églises gigantesques bordent la route soigneusement pavée. Les bâtiments sont neufs ou en construction. Les maisons ressemblent aux banlieues américaines. Les loyers sont astronomiques : 24 000 dollars par an pour un studio, qu'il faut souvent débourser en une seule fois.

Il dormait dans sa Range Rover
Mère de 3 enfants, Blessing Egbe, 37 ans, connaît bien le quartier. Ce sont des gens « qui sont prêts à tout pour être vus et passer pour fortunés », dit-elle. Mais ce n'est parfois qu'un faux-semblant. « Vous voyez une belle demeure, mais à l'intérieur, les pièces sont vides ou sans électricité. Ou bien le salon est élégant, et dans le reste de la maison, il n'y a rien », explique-t-elle.
Une histoire connue à Lagos rapporte le cas d'un homme qui, ne pouvant s'offrir un logement dans cette banlieue cossue, dormait dans sa Range Rover garée dans les rues de Lekki, la déplaçant chaque jour pour ne pas être repéré par les habitants.
La série innove car les concepteurs de films et programmes de télévision au Nigeria ont tendance à éviter les réalités de la société, explique une actrice de la série, Kiki Omeilli, 29 ans. « Tout le monde sait ce qui se passe, mais personne ne veut que ce soit à l'écran », explique celle qui incarne Lovette, qui maintient un train de vie dispendieux grâce à ses amants et liaisons extraconjugales.
La série est si populaire que l'actrice se fait aborder par des fans dans la rue comme jamais auparavant.
Blessing est stupéfaite du succès de sa série lancée en avril sur Internet puis sur DVD, avant que la chaîne satellitaire DSTV ne se mette à le diffuser chaque semaine. « Je pensais que cela plairait aux classes aisées, mais finalement, cela intéresse tout le monde. » C'est ce qu'a découvert le vendeur de DVD du marché Obalende de Lagos, Uchenna Theelar : il est resté en rupture de stock pendant trois mois. Le scénario franchit pourtant les limites de l'acceptable dans une société conservatrice, partagée en parts égales entre chrétiens et musulmans, et dont le Nord musulman est soumis à la charia. Dans un épisode, un des personnages cherche une partenaire pour des rapports sado-masochistes. Pourtant, la série n'a jusque-là pas suscité de protestations des autorités civiles et religieuses. Mais la seconde saison a l'intention de repousser encore plus loin les limites. « J'espère que je ne serai pas chassée (des écrans) après la saison 2 », confie la réalisatrice, le sourire aux lèvres.
(Source : AFP)

Avec ses histoires d'adultères, de trahisons, d'argent qui coule à flot, la série « Lekki Wives » est devenue le programme dont on parle le plus au Nigeria. Cette comédie humaine, qui se déroule dans l'une des nouvelles banlieues chic de Lagos, n'est pas seulement née de l'imagination des producteurs. Elle lève un coin du voile sur la vie des nouveaux riches dans la très selecte banlieue de Lekki, où la scénariste et réalisatrice Blessing Effiom Egbe vit depuis huit ans. « Lekki Wives », dont le nom est emprunté à « Desperate Housewives », décrit l'obsession de l'ascension sociale dans un pays où la prospérité issue du pétrole est loin d'avoir amélioré le quotidien de tous ses 170 millions d'habitants. La série, et c'est peut-être ce qui fascine les téléspectateurs, montre « tout le mal que les gens...
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