« Plus que les capacités de la résistance, ce qui dérange Israël, c’est la culture de la résistance », a relevé le député Talal Arslane, ici en déplacement à Soueydaa, en Syrie. Photo ANI
La porte-parole adjointe du département d'État américain, Marie Harf, a souhaité la coopération de toutes les parties libanaises avec les responsables chargés de mener l'enquête sur l'assassinat du cadre militaire du Hezbollah Hassane Lakkis.
Ce dernier a été assassiné dans la nuit de mardi à mercredi près de sa maison dans la région de Hadeth. Selon le communiqué du Hezbollah, Lakkis était membre du parti depuis sa création. Son fils avait été tué lors de la guerre de 2006 contre Israël. D'après une source proche du parti chiite, il était très proche du chef du parti, Hassan Nasrallah.
Commentant par ailleurs la vulnérabilité du Liban en raison de la crise syrienne, Mme Harf a fait part de l'inquiétude de son pays face à la montée des violences sectaires dans le pays. « Pour cette raison, nous avons appelé toutes les parties libanaises, mais aussi régionales, à respecter la souveraineté du Liban », a ajouté la responsable américaine.
Les réactions
À Beyrouth, Alain Aoun, député de Baabda et membre du bloc du Changement et de la Réforme, a privilégié la piste israélienne à celle des mouvements jihadistes dans le meurtre de Lakkis.
Évoquant dans une déclaration le timing de l'assassinat, notamment eu égard à l'accord entre l'Iran et la communauté internationale sur le nucléaire et l'accueil plus que mitigé qu'il a reçu en Israël, M. Aoun a souligné que la victime était inconnue du grand public. À ce titre, Lakkis ne pouvait pas être une cible des jihadistes, d'autant plus que ces derniers cherchent en règle générale à « causer des dommages quantitatifs et non pas qualitatifs », a-t-il estimé.
« Mais il ne fait pas de doute que l'auteur du meurtre s'est efforcé d'exploiter la tension sectaire ambiante », a-t-il dit.
Dans un message adressé au secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, le ministre sortant de la Jeunesse et des Sports, Fayçal Karamé, écrit que « le bras de l'ennemi a pu atteindre le résistant Hassane Lakkis, mais il ne pourra jamais atteindre la cause à laquelle il croyait et pour laquelle il est mort ». Cet assassinat « impose à tous les Libanais de réorienter la boussole en direction de notre véritable ennemi », ajoute M. Karamé.
Talal Arslane, député de Aley et président du Parti démocrate libanais, a condamné « le crime odieux perpétré contre l'un des symboles de la résistance » et a estimé que le meurtre « s'inscrit dans le cadre de la série d'actions criminelles commises au Liban ces derniers temps ». « Plus que les capacités de la résistance, ce qui dérange Israël, c'est la culture de la résistance », a-t-il ajouté dans un communiqué.
Le cheikh Akl druze, Naïm Hassan, a fait valoir que « le véritable bénéficiaire de toute attaque visant la résistance est l'ennemi israélien » et a appelé à ce que « la justice prenne son cours dans cette affaire ».


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine