À Tokyo où il se trouvait mardi, Joe Biden en a appelé aux mânes de son père, devant un Shinzo Abe, un brin étonné. « Il n'y a pas de conflit plus dangereux que le conflit non voulu », a-t-il dit. Le numéro deux américain entamait par cette sentence une tournée qui n'était pas inscrite à son programme, et qui lui était imposée dans un objectif inattendu : faire baisser la tension qui ne cesse de monter dans une partie de l'Asie depuis le samedi 23 novembre. Coup de tonnerre à cette date, dans un ciel passablement gris depuis des décennies : Pékin vient d'instaurer une « zone d'identification de la défense aérienne » (ZIDA) dans le secteur des îles Sensaku (en japonais)-Diaoyu (en chinois), objet d'un interminable et récurrent contentieux.
Le vice-président US – qui ne passe pourtant pas pour un spécialiste de la navigation entre deux eaux – a jugé habile de rappeler, dans la capitale nippone, l'existence d'accords de défense entre les deux pays et, dans la capitale chinoise, de n'en souffler mot, préférant prêcher la bonne parole. « Il est indispensable, a-t-il suggéré, que prévale une atmosphère de confiance et de sincérité entre toutes les parties et que des mesures soient prises de part et d'autre pour réduire la tension. » Plus facile à dire qu'à faire tant grande est l'animosité qui n'a cessé de caractériser les rapports dans cette partie de la mer de Chine orientale où il suffit de peu de choses parfois pour que les rancœurs remontent à la surface.
Sur le plan technique, la création d'une ZIDA se traduit par la nécessité pour tout appareil étranger survolant la région de communiquer son plan de vol et de s'identifier. Depuis, on a vu Japonais et Sud-Coréens envoyer des avions de combat sans en aviser les autorités concernées, et Washington dépêcher deux bombardiers B-52, non armés il est vrai, qui ont traversé la zone sans être inquiétés. On en est là pour l'instant, chacun donnant l'impression d'en rester aux mises en garde sans aller jusqu'à passer à l'action militaire.
La conjoncture présente rappellerait à certains la troisième crise à propos des îles Quemoy et Matsu, en 1958. Deux ans plus tard, le dossier s'invitait dans le célébrissime débat télévisé John Fitzgerald Kennedy-Richard Nixon, à la veille de l'élection présidentielle, les deux candidats faisant assaut de propos belliqueux si la République populaire de Chine en venait à faire mine d'envahir les deux zones côtières situées à près de 165 kilomètres du continent. Ultérieurement, la tension atteignait son paroxysme avec le premier « avertissement sérieux » adressé à l'ancienne Formose. Dans les états-majors commençait alors une veillée d'armes et dans les salles de rédaction la nouvelle faisait la largeur de la page une. Des années plus tard, la presse se contentait d'un mince entrefilet en page intérieure, signalant le 2 572e « avertissement sérieux »...
On aurait tort cependant de prendre à la légère la tension qui prévaut depuis dix jours. La ligne rouge constitue une manière de maintenir la tension à défaut d'un recours à une expédition militaire qui permettrait d'établir une tête de pont sur les îles revendiquées par le régime du président Xi Jinping. La ZADI chinoise chevauche celle créée par Tokyo, ce qui accroît le danger d'un dérapage qui mettrait le feu aux poudres entre deux pays dont les rapports n'ont à aucun moment été chaleureux. Premier à monter en ligne, le secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, s'est dépêché de claironner que l'administration démocrate n'hésitera pas, en vertu des accords de sécurité qui les lient, à voler au secours de l'allié nippon si celui-ci était attaqué. Le propos est mal venu dans la mesure où il intervient alors que Barack Obama a décidé d'insuffler à sa politique une nouvelle orientation, une sorte de rééquilibrage (rebalancing) en direction de l'Asie.
Il y a quatorze mois, rappelait la semaine dernière le Washington Post, une flottille de patrouilleurs chinois pénétrait dans les eaux territoriales du Japon, qui dénonçait une « invasion sur une large échelle ». La tactique chinoise s'avéra payante puisque des chalutiers empruntent maintenant cette voie, suscitant de vagues protestations sans lendemain. Pékin se garde, à chaque fois, d'aller jusqu'à la provocation et de créer l'incident, rappelant à chaque fois que l'empire du Soleil-Levant n'a rien fait d'autre quand, en septembre 2012, il a racheté à un particulier trois minuscules îles en mer de Chine.
Malgré tous ces tangages, ce ne sont pas les premiers signes de la fin du monde que nous observons. Tout juste ceux d'un certain monde.
Le vice-président US – qui ne passe pourtant pas pour un...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
Ce ne sont que des Gesticulations "Chinetoïques" en vue essentiellement de calmer le désabusement et surtout le mécontentement de leur Milliard et des de Chinetoques, suite au recul de leurs exportations vers cette Europe en état de déflation, et bien entendu vers les États-Unis où son Inégalable industrie vient de redémarrer....
12 h 07, le 05 décembre 2013