Vénus Khoury-Ghata entourée de gauche à droite par Ricardo Karam, May Menassa, Tiba Geha, May Richani et un groupe de l’ambassade de France.
Vénus Khoury-Ghatta, une grande voix de la littérature française, était l'invitée d'honneur au dîner offert par le conseil d'administration du Collège Louise Wegmann (CLW), à l'Eau de Vie de l'hôtel Phoenicia. La soirée qui a réuni quelque 200 convives, dont une partie de la communauté de cet établissement qui fêtera bientôt ses 50 ans, avait pour objectif de consolider les liens entre le corps éducatif, les parents, les anciens et les amis du CLW. À cette occasion, Leila Khalaf, présidente du conseil d'administration, a tenu à remercier « tous ceux et celles qui ont contribué à ancrer le collège, des années durant, sur la carte des établissements éducatifs de choix », et à rappeler qu'« entre 1965 et 2013, la population scolaire qui connaît une croissance soutenue est passée de 120 élèves à 1 777 élèves par an ».
Le point fort toutefois de ce dîner a été le dialogue ébouriffant entre le maître de cérémonie Ricardo Karam et Venus Khoury-Ghata. Pour nombre d'invités, c'était une occasion exceptionnelle de découvrir toute la fougue et l'intelligence de cette poétesse et romancière, couronnée par le prix Mallarmé, le prix Apollinaire, le Grand Prix de poésie de la Société des gens de lettres, le Grand Prix de poésie de l'Académie française 2009 et le Goncourt de la poésie 2011. Insatiable et passionnée, Vénus Khoury-Ghata relate sa rencontre avec la poésie, qu'elle découvre à l'âge de huit ans grâce à son frère Victor, un cœur de poète disparu tragiquement à l'âge de 22 ans. « Initié à la drogue, il sera puni par mon père qui l'envoie dans un asile d'aliénés, où il finira à l'état de légume. » Écorchée par cette perte, remuée dans les tréfonds de son être, la jeune Vénus s'investit du « devoir » de venger et de remplacer ce frère en prenant la plume. Elle raconte son histoire dans Une maison au bord des larmes.
Vénus Khoury-Ghata a également parlé de ses écrits, engagés dans la cause de la femme, de la liberté et la paix ; de ses considérations sur les êtres, la vie, l'amour, le quotidien, le monde qui change – monde qu'elle écoute et scrute avec une quasi-voracité, mais aussi de ses chats et des poètes ! Installée à Paris depuis 1972, elle n'est pas guérie pour autant de son Orient. « Si vous me demandiez d'écrire un roman qui se passe en France, j'aurai autant de mal à le faire que j'en ai envie... ».
Avec ses petites phrases incisives, drôles et imagées, elle n'a pas fini d'étonner.


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