Au moins 28 personnes ont péri hier dans des attaques en Irak, où les violences ont fait près de 950 morts le mois dernier (novembre) malgré les mesures de sécurité renforcées prises par les autorités.
La multiplication d'attaques particulièrement sanglantes depuis le début de l'année fait craindre un retour au niveau de violences de 2006-2007, lorsqu'un conflit dévastateur entre chiites et sunnites a fait des dizaines de milliers de morts. Elles ont poussé les autorités irakiennes, qui semblent impuissantes face à l'effusion de sang, à demander notamment l'aide des États-Unis pour y mettre un terme. Mais hormis quelques communiqués de l'ONU et du département d'État américain condamnant les violences, la réaction de la communauté internationale est restée très timide.
Les autorités irakiennes se disent particulièrement inquiètes de la résurgence de groupes liés à el-Qaëda, enhardis par le conflit en Syrie voisine, et accusent des insurgés sunnites liés au réseau extrémiste de la plupart des attentats. Depuis le début de l'année, plus de 6 100 personnes sont mortes dans les attaques, selon des chiffres officiels. Les attentats visent indifféremment policiers, militaires ou civils, cafés, mosquées, terrains de football ou restaurants... Des dizaines de cadavres ont été découverts dans des charniers ces dernières semaines.
Analystes et diplomates étrangers s'accordent à dire que le gouvernement ne parvient pas à gérer la frustration de la minorité sunnite, qui s'estime discriminée par le gouvernement de Nouri al-Maliki dominé par les chiites. La paralysie de l'appareil politique, due en grande partie aux différends entre sunnites et chiites, associée à une corruption endémique, contribue aussi à alimenter l'instabilité, à quelques mois des élections législatives du 30 avril. Hier, le représentant du secrétaire général de l'ONU pour l'Irak, Nickolay Mladenov, a appelé les autorités irakiennes « à prendre d'urgence des mesures pour retrouver et punir les responsables de ces crimes et pour assurer la sécurité de tous les citoyens ».
(Source : AFP)
Moyen Orient et Monde - Irak
Près de 950 morts en novembre
OLJ / le 02 décembre 2013 à 00h00

