Mgr Raï accueillant l’ambassadeur d’Iran. Photo Émile Êid
Défilé de diplomates et de personnalités politiques libanaises, hier, à Bkerké où le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, a reçu l'ambassadeur d'Iran, Ghadanfar Rokon Abadi, qui était accompagné du conseiller politique de la chancellerie, Mohammad Joueid.
M. Abadi s'est abstenu de toute déclaration à la presse, tout comme le nouvel ambassadeur du Qatar, Ali Mohammad Mery, qui était aussi accompagné du conseiller politique de l'ambassade, Ali Ibrahim Maliki.
Le chef de la mission diplomatique tunisienne, Hatem al-Saëm, a pour sa part indiqué que les discussions ont porté sur les relations bilatérales en faisant état d'une convergence de vues sur « la nécessité de rejeter la violence et l'intégrisme aveugle qui n'offrent que la destruction et la mort ».
Parmi les personnalités libanaises qui ont défilé à Bkerké, le patriarche a reçu les députés Ahmad Fatfat et Hadi Hobeiche, avec qui il a passé en revue l'actualité locale et régionale.
À la presse, M. Fatfat a indiqué qu'avec son collègue, ils sont venus en émissaires du courant du Futur et du chef du bloc parlementaire de ce courant, Fouad Siniora, « dans les cadre des préparatifs de la prochaine période qui s'avère cruciale, d'autant qu'elle sera marquée par l'élection présidentielle ». Il a ensuite souligné l'importance du rôle que le patriarcat maronite peut jouer pour éviter à tout prix une vacance à ce poste. « Si les Libanais décident d'organiser la présidentielle, celle-ci aura lieu. Le pouvoir de décision leur appartient, seuls », a insisté M. Fatfat.
Plus tard, Mgr Raï s'est entretenu avec le vice-président sortant du Conseil, Samir Mokbel, qui a dénoncé les rumeurs autour d'une démission du chef de l'Église maronite, stigmatisant une campagne visant les chefs religieux et le président de la République pour « déformer leurs positions nationales courageuses ». M. Mokbel a rendu un vibrant hommage aux positions de Mgr Raï qui s'inscrivent, selon lui, dans le prolongement de celles du chef de l'État.
Les rumeurs au sujet de la démission de Mgr Raï ont été jugées infondées par le député Boutros Harb, qui s'est rendu à Bkerké en compagnie de membres de sa famille pour remercier le patriarche de leur avoir présenté ses condoléances à la suite du décès de son frère Georges et d'avoir dépêché Mgr Roland Abou Jaoudé pour célébrer les obsèques.
À la presse, M. Harb a indiqué que l'actualité locale a été également examinée au cours de l'entretien, « surtout que la crise gouvernementale est devenue une crise nationale et une crise du système menaçant de paralyser entièrement le pouvoir exécutif au cas où l'échéance présidentielle serait bloquée ». Il a mis l'accent sur le danger qu'un vide au niveau de tout l'appareil exécutif représente pour le Liban.
Mgr Raï a en outre discuté de la situation politique et économique dans le pays avec une délégation du Parti démocrate libéral, conduite par Tracy Chamoun qui a mis l'accent, dans une déclaration, sur la nécessité de régler le dossier des réfugiés syriens et insisté sur le respect de la Constitution.

