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Moyen Orient et Monde - Le Point

L’adieu à Rouhollah Khomeyni

Depuis la conclusion de l'accord de Genève, dimanche, tout le monde, ou presque, se découvre « nucléairologue ». Chacun y va de ses supputations, la palme revenant à l'inénarrable Naftali Bennett, ministre israélien de l'Économie de son État. La prédiction dont il vient de gratifier ses concitoyens : l'Iran sera en mesure de « produire une bombe dans un délai de six à sept semaines ». L'avant ou l'après-midi du jour J ? Précisez SVP. Venant d'un responsable dont le pays possède plus de 200 joujoux de ce type, le cri d'alarme à de quoi laisser songeur. De cette question, Barack Obama le pragmatique (trop ?) s'est entretenu dès dimanche avec un Netanyahu qui rêve de dégainer pour peu qu'on lui parle de Palestiniens et d'Iraniens, histoire de calmer ses ardeurs en attendant de recevoir la liste des emplettes, qui ne tardera pas, en échange d'une neutralité bienveillante de cet encombrant et goulu ami.


Étrange, bien étrange cette guéguerre à propos du nucléaire iranien qui, à plus d'une fois, a failli tourner à la guerre tout court sous forme d'expéditions punitives. En définitive, l'administration démocrate a choisi d'écouter la voix de la raison, tout comme elle l'avait fait lors du problème de l'armement chimique syrien, encouragée en cela par l'élection du successeur de l'inquiétant Mahmoud Ahmadinejad, devenu encombrant pour les siens. Le choix de Rohani a pris l'apparence d'une main tendue que le président américain s'est empressé de saisir. Le reste aura relevé d'un scénario digne d'un blockbuster hollywoodien, avec le happy end que l'on vient d'applaudir dans la cité de Calvin, qu'il s'agisse de la pression mise par la France (rassurer l'État hébreu, entre autres) ou du pessimisme affiché par Khamenei (calmer les inquiétudes des pasdaran).


Tout venant à point à qui sait attendre, l'Occident a pris son mal en patience jusqu'à une date récente quand, les sanctions commençant à faire leur effet sur la population iranienne et la marmite socio-économique menaçant d'exploser, le successeur de Rouhollah Khomeyni a pris la décision d'en soulever le couvercle pour éviter le cataclysme qui menaçait le régime. Depuis lors, tout est allé très vite au point que Laurent Fabius, que l'on a connu plus précautionneux, parlait hier d'un allégement des sanctions, « limité, ciblé et réversible, dès le mois prochain », soit dans les jours qui viennent. Fait inhabituel : le chef de la diplomatie française a saisi l'occasion pour adresser à Tel-Aviv une mise en garde à peine voilée, estimant que « personne ne comprendrait qu'Israël agisse de manière préventive (...) contre des sites nucléaires iraniens ».


Des points d'interrogation ? Bien sûr qu'il y en a puisque tout ne pouvait être réglé en quelques heures à Genève. À titre d'exemples, que fera-t-on des 13 000 kilos d'uranium enrichi (2 600 à l'époque où Obama s'installait à la Maison-Blanche, en 2009), des 18 000 centrifugeuses en activité (quelques milliers à peine, il y a quatre ans) ? Comment accordera-t-on les violons quand l'Iran comprend que lui a été reconnu le droit à l'enrichissement et que John Kerry affirme le contraire ? Quel rythme adoptera-t-on pour l'exportation et la production de pétrole, sachant que celle-ci atteint actuellement un million de barils par jour contre deux millions et demi avant les années 90 ?


Quoi qu'il en soit, l'accord du 23 novembre aura eu un premier effet, assez attendu il faut dire : le cours du Brent de la mer du Nord a chuté de plus de deux dollars tandis que le brut léger américain baissait de 1,20 dollar. Ce n'est pas encore la dégringolade brutale et peut-être qu'il conviendrait d'attendre un peu avant de voir l'or noir repasser sous la barre des 100 dollars. Mais cela finira pas venir. Essayez d'entrevoir les changements qui se produiront alors dans l'économie mondiale, sachant que le premier pays exportateur est l'Arabie saoudite, avec plus de 8 millions de barils/jour. D'où sans doute – mais là n'est pas l'unique raison – la colère des dirigeants du royaume wahhabite en ces jours de toutes les incertitudes.


Histoire sans doute de ne pas perdre la main et, comme pour faire oublier la soudaine mansuétude dont vient de bénéficier Téhéran, les États-Unis envisageraient, dit-on, d'adopter de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord si Pyongyang ne renonçait pas à son programme nucléaire...

Depuis la conclusion de l'accord de Genève, dimanche, tout le monde, ou presque, se découvre « nucléairologue ». Chacun y va de ses supputations, la palme revenant à l'inénarrable Naftali Bennett, ministre israélien de l'Économie de son État. La prédiction dont il vient de gratifier ses concitoyens : l'Iran sera en mesure de « produire une bombe dans un délai de six à sept semaines ». L'avant ou l'après-midi du jour J ? Précisez SVP. Venant d'un responsable dont le pays possède plus de 200 joujoux de ce type, le cri d'alarme à de quoi laisser songeur. De cette question, Barack Obama le pragmatique (trop ?) s'est entretenu dès dimanche avec un Netanyahu qui rêve de dégainer pour peu qu'on lui parle de Palestiniens et d'Iraniens, histoire de calmer ses ardeurs en attendant de recevoir la liste des emplettes, qui...
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