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Moyen Orient et Monde - Le Point

Mitterrand ou Guy Mollet ?

« Ani tamid haver chel Israel », a-t-il dit devant Shimon Pérès et Benyamin Netanyahu en débarquant dimanche à Tel-Aviv,. (« Je suis (ou je serai toujours) l’ami d’Israël ») Quelques heures plus tard, il s’adressait aux Palestiniens, et en arabe cette fois, pour leur exprimer son indéfectible amitié (« 3achat as-sadaqa bayn Farança wa Falastine. » Laissons les méchantes langues lui rappeler que « l’ami de tout le monde n’est l’ami de personne »). Et ne chicanons pas au président français cette échappée belle, mais ô combien provisoire, loin des problèmes hexagonaux qui empoisonnent son quinquennat. C’est que l’occasion de cette visite lui permet de revêtir l’habit qui lui sied le mieux, celui du conciliateur qu’il fut au secrétariat général de son cher Parti socialiste. Et peu importe si la rue de Solferino n’est pas Jérusalem, encore moins la Mouqataa, l’important est de jouir de l’instant entre tous béni où l’on peut distribuer la manne de ses conseils. Encore faudrait-il que l’on y prête une oreille attentive, ce qui est loin d’être le cas, et que les intentions soient valables, ce qui l’est encore moins.


Dans la brèche entrouverte depuis quelque temps entre l’État hébreu et les États-Unis, nul ne songera à reprocher à Paris de vouloir enfoncer un coin qui lui donne l’opportunité d’une douce revanche après la dérobade de Barack Obama dans l’affaire syrienne. Fort bien. Unis par le même froid qui caractérise leurs rapports avec le grand frère, la France et Israël entendent marquer leur déception, la première pour le lâchage US, le second pour le peu d’empressement montré par Washington à durcir le ton – et les moyens mis en œuvre – face à la République islamique et à son programme nucléaire. Or, il se trouve que « Bibi » s’accommode fort bien du maintien en place de Bachar el-Assad, tandis qu’une bombe A iranienne représente aux yeux de Hollande un problème qui concerne au premier chef l’Union européenne et, par-delà, le reste du monde.


Mieux que quiconque, le Premier ministre israélien n’ignore pas que son principal soutien à l’étranger restera toujours l’Amérique. Il vient de le dire dans une interview accordée au Figaro. Extrait : « Les USA demeurent pour nous un allié important, et même le plus important. Mais notre relation avec la France est également très spéciale. » Ce qui n’a pas empêché le président français d’appeler à « l’arrêt total et définitif de la colonisation dans les territoires occupés » pour parvenir à un accord de paix palestino-israélien. Même touchant souci d’équilibrisme – peut-on se hasarder à parler là d’exercice de haute voltige ? – dans les visites au mémorial dédié à Yasser Arafat et à la tombe de Yitzhak Rabin, assassiné en 1995.


Plus prosaïquement, la France lorgne du côté de la haute technologie israélienne, et une forme de coopération sur ce plan ne lui déplairait pas, tout comme elle verrait d’un œil favorable un accroissement des échanges commerciaux, actuellement de l’ordre de 2,4 milliards d’euros par an, un chiffre qui place l’Hexagone au onzième rang des pays fournisseurs de l’État hébreu. De l’autre côté de l’échiquier, l’aide française à l’Autorité palestinienne représente une cinquantaine de millions d’euros, soit l’une des quotes-parts les plus importantes de l’Union européenne (près de 300 millions d’euros).


Il est clair cependant que, contrairement au souci affiché, ce n’est pas le nucléaire iranien qui inquiète outre mesure les deux parties, encore moins l’avenir des points de peuplement et leur impact sur une bien improbable solution d’un problème qui dure depuis 1948, bien que le secrétaire d’État John Kerry, il y a peu, ait mis en garde ses interlocuteurs israéliens contre le déclenchement d’une nouvelle intifada et un isolement croissant sur la scène internationale.
Plus grave, l’ébullition qui caractérise actuellement le Proche-Orient est source d’inquiétude à Tel-Aviv. Un Liban et une Jordanie fragilisés par l’afflux de réfugiés syriens, un Irak à nouveau plongé dans la tourmente intercommunautaire, une Égypte qui ne parvient pas à s’extirper du chaos dans lequel l’a plongée le coup de force du général Sissi, voilà de quoi alimenter les craintes quant à l’avenir immédiat. Obama a vu clair dans la nouvelle conjoncture née ces quatre dernières années. Il en a tiré la conclusion qui s’impose pour un président américain lui-même empêtré dans des problèmes sociaux et économiques, et a choisi de tourner le dos à une contrée décidément par trop instable. Cela, Israël ne le peut pas. Tout comme il n’a pas été préparé à se colleter à une situation qui n’a jamais figuré dans ses pires scénarios. Dans ce terrain miné, on se demande quelle est la marge de manœuvre de la France. Au fait, y a-t-il ne serait-ce que l’apparence d’une manœuvre ?

 

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commentaires (3)

François Nederlend a choisi son camp... Entre le Qatar et Israël. Ite missa est.

JEAN Dominique

23 h 07, le 20 novembre 2013

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Commentaires (3)

  • François Nederlend a choisi son camp... Entre le Qatar et Israël. Ite missa est.

    JEAN Dominique

    23 h 07, le 20 novembre 2013

  • Il va en israel , pour parler de l'Iran , oublie la Palestine et la France . Les interets francais ?? tres peu devant ceux d'israel , son retour au pays sera chahute par les francais qui saignent et applaudi par israel qui jubile . Que fait donc cette hollandouille , moi president .......!!!! ya m3attareennn !!!

    Jaber Kamel

    13 h 22, le 19 novembre 2013

  • Avoir un ami comme F.Hollande ..c'est acheter une pénalité....! Que les israéliens même peuvent le garder ...les français ne le réclameraient pas....! Par ailleurs , de Moscou à Washington en passant par Londres ...et de Moscou à Genève en passant par Pékin ....tout le monde a compris que la France est le maillon faible de la négociation....! Même les iraniens ont compris cela...ils jouent donc tout en subtilité la politique du sourire....pour gagner du temps...

    M.V.

    09 h 37, le 19 novembre 2013

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