Toutes les parties politiques s’accordent à dire que la région et le monde en général sont en train de vivre une période transitoire, en prélude à des changements stratégiques. Mais aucune d’elles ne peut affirmer quels seront les contours de ce « nouveau monde » qui est en train de se former et qui n’a rien à voir avec le nouveau Moyen-Orient annoncé par l’ancienne secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice dans la foulée de la guerre de 2006. Un diplomate libanais chevronné, qui a servi dans des pays européens, affirme que le principal élément nouveau réside dans le changement qui s’est opéré aux États-Unis et qui a abouti à l’élection de Barack Obama dans un but principal : arrêter les guerres déclenchées par son prédécesseur, George W. Bush, qui ont été très coûteuses pour l’Amérique. Ce processus avait été déclenché par le rapport Baker-Hamilton sur l’Irak publié en 2007 qui conseillait d’ouvrir un dialogue avec les différents protagonistes, mais que l’équipe Bush ne pouvait pas mettre en application. Le changement a donc commencé avec l’arrivée d’Obama qui s’est empressé de chercher des issues aux guerres en Irak et en Afghanistan.
Avec l’Irak, les États-Unis ont certes retiré leurs troupes du pays, mails ils ont eu du mal à établir des relations acceptables avec les nouvelles autorités qui se sont rapprochées de l’Iran. Pour maintenir une influence en Irak, les États-Unis ont donc été contraints de traiter indirectement avec l’Iran, allant jusqu’à rejeter en dernière minute le candidat de l’Arabie saoudite Iyad Allaoui au profit de Nouri al-Mailiki. D’ailleurs, depuis, l’Arabie a décidé de ne plus traiter avec l’Irak. Aujourd’hui encore, l’administration américaine a promis de retirer ses troupes d’Afghanistan en 2014, et pour cela, elle a aussi besoin de l’aide de l’Iran. C’est dire, explique le diplomate libanais, que pour les États-Unis, le moment est venu d’établir de nouvelles relations avec l’Iran pour servir leurs intérêts propres, puisque ce pays détient plusieurs cartes importantes dans la région.
L’élection de cheikh Hassan Rohani à la présidence de la République islamique est venue à point nommé pour faciliter le virage qu’avait déjà décidé d’opérer l’administration américaine. L’ouverture américaine sur l’Iran est donc une tendance bien étudiée et ne s’arrête pas au dossier du nucléaire qui est presque devenu un détail. Selon le diplomate libanais, l’administration d’Obama veut se retirer petit à petit de la région pour concentrer ses efforts sur le Pacifique et la Chine.
Le président américain l’a d’ailleurs lui-même déclaré dans son discours de seconde investiture, dans lequel il a aussi promis de permettre aux États-Unis de devenir autosuffisants sur le plan de l’énergie au cours de la prochaine décennie. Mais pour pouvoir se retirer de la poudrière du Moyen-Orient, il faudrait commencer par résoudre les uns après les autres les dossiers brûlants, le nucléaire iranien bien sûr, mais aussi la Syrie, l’Égypte, la Libye, le Yémen, Bahreïn, l’Irak et, bien sûr, le conflit israélo-palestinien. Comme par hasard, dans tous ces dossiers, une des clés de la solution est l’Iran... L’ouverture américaine sur l’Iran est donc le fruit d’une vision pragmatique et s’inscrit dans la durée. En même temps, les dirigeants iraniens ont vu tout le bénéficie qu’ils pourraient tirer de cette nouvelle attitude iranienne, d’abord pour régler leur crise sociale due aux sanctions économiques, mais aussi pour obtenir une reconnaissance de leur rôle et de leur influence dans la région. Naturellement, le processus n’en est encore qu’à ses débuts et beaucoup de choses peuvent se passer avant qu’il n’aboutisse.
C’est dans ce contexte qu’il faudrait donc placer la colère de l’Arabie et ses tentatives d’entraver ce processus en cherchant à nouer de nouvelles alliances, ou en tout cas à trouver des alliés objectifs, qui se sentiraient eux aussi les laissés-pour-compte de la convergence d’intérêts entre les Américains et les Iraniens. Les Saoudiens sont donc aujourd’hui, à travers leur attitude, en train de chercher à rassembler des cartes qui leur permettraient d’être partie prenante au grand accord irano-américain en préparation. Ils renforcent leur influence en Irak dans la région sunnite, en Syrie en appuyant ouvertement les groupes salafistes et proches d’el-Qaëda, en Égypte en ouvrant leur tiroirs-caisses pour le nouveau régime, à Bahreïn en poussant le roi à durcir sa position, au Yémen en aidant les salafistes contre les houthis, etc. Le Liban fait aussi partie des cartes dont l’Arabie cherche à se doter, estime aussi l’ambassadeur libanais, qui ajoute qu’au cours de la dernière visite du président Michel Sleiman au royaume, il est apparu clairement que l’Arabie ne veut pas faciliter la formation d’un gouvernement au Liban. Preuve en est qu’après avoir assisté à la rencontre entre le roi Abdallah et le président Sleiman, l’ancien Premier ministre Saad Hariri a déclaré au chef de l’État qu’il n’est pas question d’accepter la formation d’un gouvernement avec des représentants du Hezbollah tant que celui-ci n’a pas retiré ses troupes de Syrie. Ce qui équivaut à poser une condition rédhibitoire, comme l’a affirmé par la suite le chef du Hezbollah. Par la même occasion, Hariri a aussi rejeté la formule « 9, 9, 6 », qui accorde le tiers de blocage au 14 Mars et au camp adverse, et qui avait été élaborée par le président de la Chambre avant d’être reprise par Walid Joumblatt.
Autrement dit, le Liban, dans sa complexité, est une carte que veut s’approprier l’Arabie mais dont une partie est aussi entre les mains de l’Iran. Le jeu de cartes a donc remplacé les dominos.
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C'est une façon de voir les choses et comme en politique il y a toujours deux sons de cloche nous pourrions penser que ce qui est mentionné dans cet article pourrais être vrai.... Cependant, les déclarations, si je ne m'abuse, disaient bien qu'il y aurai un nouveau Moyen Orient en passant par un "chaos constructif". Nous y sommes a travers les printemps arabes que nous voyons défiler d'un pays a l'autre. Certe Obama a été élu dans la perspective de retirer ses troupes mais soyez en sure, pas avant d'avoir bien assuré ses arrières. Et elle le sont. Comment? Une nouvelle guerre en Syrie ou tout le monde (Arabie, Turquie, Qatar, Iran, Syrie, etc...) y a son doigt pris dans l'engrenage et dépense des milliards pour se tailler une place de leader qu''il n'auront pas puisque les Russes et les occidentaux jouent a la balance. Une fois ceux-ci prennent le dessus, une fois ceux la. L'Iran elle n'en puis plus car il y a trop a dépenser et pas de rentrée, alors elle brade ses ressources et secteurs Economiques pour assurer le pain quotidien qu'elle n'a plus a offrir a son peuple et sauver ce qui peut encore être sauvé avant la signature finale de capitulation. Elle aura une forme discrète mais elle est déjà prête. Pour finir le Hezbollah est illégal et étranger, donc anticonstitutionnel et donc disparaîtra avec le temps. Il n'est pas loin de toute manière même si Hassan Nasrallah prétends le contraire. C'est avec toute confiance que je vous le certifie.
12 h 28, le 19 novembre 2013