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Diaspora

Un ami du Liban exprime son inquiétude concernant la situation régionale

Le colonel Alain Corvez en compagnie de notre correspondante Tala Farran en février dernier à Beyrouth.

En grand ami du Liban, le colonel Alain Corvez, qui avait servi dans les rangs de la Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban) à la fin des années 1980, et qui se rend de nouveau fin novembre à Beyrouth, dresse un tableau inquiétant de la crise régionale, avec une possibilité de règlement, dans une analyse intitulée : « Syrie-Iran-Arabie, nouvel ordre mondial » (texte intégral sur le site www.rjliban.com). Voici un extrait de la partie se rapportant au Liban :

« Les informations en provenance de contacts en Syrie et au Liban confirment des analyses de géopolitique : le monde bascule dans un nouvel ordre, les pôles de puissance changent, entraînant de nouveaux rapports de force qui s’exercent sur de nouveaux points d’appui. Le “pivotement” américain vers l’Asie, s’il est exagéré par certains, n’en est pas moins réel. Il implique l’apaisement des tensions au Proche et Moyen-Orient en réglant les crises syrienne et iranienne et en mettant un terme aux affrontements chiites-sunnites instrumentalisés à des fins stratégiques...
Le Liban multiconfessionnel, fragilisé par son voisinage de la Syrie d’où il reçoit plus d’un million de réfugiés de toutes confessions, n’a toujours pas de gouvernement pérenne du fait des désaccords attisés par les appuis étrangers des parties prenantes. Cependant, les structures étatiques comme l’armée et la police restent cohérentes et accomplissent leur tâche malgré les difficultés. L’alliance entre les chrétiens du Courant patriotique libre du général Aoun, le Hezbollah composé principalement de chiites mais pas exclusivement, et le parti Amal de Nabih Berry reste la force politique dominante qui a soutenu le régime en place à Damas.
Habitués des discussions de “diwan” pour trouver des compromis, les dirigeants des grandes familles analysent les situations au regard de leurs alliances extérieures et, fins observateurs, semblent avoir admis que le régime syrien sortirait vainqueur de la crise et en tirent les conséquences ; le chef druze Walid Joumblatt a récemment apporté son soutien à Nabih Berry pour la formation d’un gouvernement, signe qu’une issue pourrait s’ouvrir, d’autant plus que l’Arabie pourrait la souhaiter aussi et le faire savoir à ses alliés locaux, le chrétien Samir Geagea et le sunnite Saad Hariri.
En l’absence d’État solide, la fragilité du Liban tient à la présence armée forte du Hezbollah, au nom de la résistance à Israël, simultanément avec celle des milices sunnites présentes officiellement pour certaines ou dans les camps palestiniens, qui en sortent pour combattre en Syrie voisine ou dans la région de Tripoli au Nord, faisant déjà plusieurs dizaines de morts, soldats et civils. Ce mélange est dangereux et pourrait exploser dramatiquement si les jihadistes venaient à quitter la Syrie pour attaquer le Hezbollah au Liban. Des menaces sérieuses sont d’ailleurs annoncées sur la Finul au sud contre les soldats occidentaux. »

En grand ami du Liban, le colonel Alain Corvez, qui avait servi dans les rangs de la Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban) à la fin des années 1980, et qui se rend de nouveau fin novembre à Beyrouth, dresse un tableau inquiétant de la crise régionale, avec une possibilité de règlement, dans une analyse intitulée : « Syrie-Iran-Arabie, nouvel ordre mondial » (texte intégral sur le site www.rjliban.com). Voici un extrait de la partie se rapportant au Liban :
« Les informations en provenance de contacts en Syrie et au Liban confirment des analyses de géopolitique : le monde bascule dans un nouvel ordre, les pôles de puissance changent, entraînant de nouveaux rapports de force qui s’exercent sur de nouveaux points...