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Diaspora - Interview

Dans le Massachusetts, le drapeau libanais flotte chaque 22 novembre...

Près de 10 ans après sa nomination, Ibrahim Hanna, consul honoraire du Liban à Boston, publie un livret sur les Libanais dans cet État du Massachusetts et déplore leur politisation outrancière.

Une vue de Boston par le littoral. Photo tirée du site catalanwineusa.com

Pauline Karroum : Pour quelles raisons avez-vous décidé de publier un livret exposant les activités du consulat honoraire à Boston ?
Ibrahim Hanna : Nous voulions que les émigrés et les Libanais en général prennent connaissance de l’ensemble de nos réalisations. Au départ, notre mission consistait à nous occuper de nos compatriotes émigrés à Boston, dont le nombre ne cessait d’augmenter après la guerre civile et les bouleversements politiques au Liban. Nous
tenions à les accompagner dans leurs démarches administratives, dans les divers registres : naissances, décès, mariages, divorces... En effet, l’ambassade étant loin, il était impossible pour certains de faire leurs formalités ou même de se rendre sur place pour les effectuer. Nous voulions également traiter les affaires des Libanais résidant à Vermont, dans le New Hampshire, afin de leur éviter huit heures de route pour se rendre à New York. Outre l’aspect administratif, nous tenions à jouer un rôle de « rassembleur ». C’est évidemment le 22 novembre qui nous a semblé le jour propice pour regrouper les Libanais et tendre la main aux responsables américains et aux diplomates étrangers. En 2005, le maire de la ville de HaverHill a proposé de lever en ce 22 novembre le drapeau libanais à la place du drapeau américain sur le bâtiment de la municipalité. C’est même devenu une habitude pratiquée chaque année à la même date. D’autres municipalités ont accepté de faire de même et de lever le drapeau libanais pour célébrer l’indépendance du Liban. Outre l’État du Massachusetts, à Manchester dans l’État du New Hampshire, une des rues a été nommée « Beyrouth ». Elle est située en face de l’église du Cèdre. Les maires d’autres villes nous ont promis de donner ce nom à des rues dans leurs localités. Un parc aussi devrait porter le nom de notre capitale d’origine.

Outre ces réalisations, qu’est-ce qui vous a semblé important pour la communauté libanaise ?
Nous avons tenu à encourager les émigrés à se rendre au Liban. Nous nous sommes aperçus que l’attachement au pays d’origine a actuellement presque disparu, alors qu’il était très fort dans le passé. Certains Libanais des seconde et troisième générations ne se sentent pas du tout concernés par le pays de leurs grands-parents. Pourtant, ils sont très nombreux à résider dans cette région. Près de 350 000 Libano-Américains vivent ici et 80 000 nouveaux venus sont arrivés récemment. Ils travaillent dans divers secteurs : la restauration, la joaillerie, le commerce... Nous les avons encouragés à visiter leur pays d’origine. Certains s’y rendent cet été malgré la situation critique.

Les Libanais de Boston ont-ils fondé des associations culturelles ? Se réunissent-ils parfois à l’occasion d’événements dédiés au Liban ?
Les associations culturelles ont presque disparu. Il n’y en a plus que deux ou trois aujourd’hui. Cela est surprenant d’autant plus qu’on a beaucoup lu sur le rôle culturel qu’a joué Boston dans la vie des émigrés par le passé. Faut-il rappeler au passage que c’est ici que l’essayiste, romancier, poète et artiste Gibran Khalil Gibran a été exposé au monde culturel et a été placé sur le chemin de la gloire artistique ? Il est triste que la politique influe actuellement sur la culture. Les émigrés
suivent de près l’actualité politique libanaise, appliquent à la lettre ce que leur demandent leurs partis politiques. Ainsi, ils ne se réunissent que sous l’égide de leurs partis. Et les alliances politiques libanaises influencent aussi les coalitions interlibanaises qui se font et se défont ici.

Pauline Karroum : Pour quelles raisons avez-vous décidé de publier un livret exposant les activités du consulat honoraire à Boston ?Ibrahim Hanna : Nous voulions que les émigrés et les Libanais en général prennent connaissance de l’ensemble de nos réalisations. Au départ, notre mission consistait à nous occuper de nos compatriotes émigrés à Boston, dont le nombre ne cessait d’augmenter après la guerre civile et les bouleversements politiques au Liban. Noustenions à les accompagner dans leurs démarches administratives, dans les divers registres : naissances, décès, mariages, divorces... En effet, l’ambassade étant loin, il était impossible pour certains de faire leurs...