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Moyen Orient et Monde - Proche-Orient

Le double blocus impose à Gaza une diète draconienne

Des centaines de tunnels ont été démolis par l’armée égyptienne, après la destitution de Morsi.
C’était le coup de publicité de l’année à Gaza : la livraison de fast-food sous la frontière avec l’Égypte. Depuis, les tunnels de contrebande ont été condamnés et les commandes ont chuté, comme l’ensemble de l’économie du territoire palestinien sous blocus israélien.
Dans la zone frontalière de Rafah, la poussière soulevée par le fourmillement d’activités est retombée après la démolition de centaines de tunnels par l’armée égyptienne, à la suite de la destitution du président islamiste Mohammad Morsi. Depuis, le trafic de carburant égyptien subventionné s’est effondré, d’environ un million de litres par jour en juin, à 10 000 à 20 000 litres par semaine actuellement, selon le dernier rapport hebdomadaire du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU. Cette pénurie a provoqué l’arrêt le 1er novembre de l’unique centrale électrique, qui assurait près de 30 % des besoins du territoire palestinien, où les coupures de courant atteignent désormais 16 heures par jour. Faute d’électricité, des stations de traitement des eaux ont cessé de fonctionner et les égouts ont commencé cette semaine à déborder dans les rues de plusieurs quartiers de la ville de Gaza.
Un des associés de l’entreprise de livraison al-Yamama, qui s’est illustrée en mai en acheminant des commandes de Kentucky Fried Chicken(KFC) du Sinaï égyptien à ses clients à Gaza, parle de cette période comme d’un « âge d’or » enfui. « Malgré le prix élevé à cause du transport, les gens en achetaient pour avoir quelque chose qui n’existe pas ici », raconte Haïtham al-Chami, l’un des gérants, âgé de 29 ans. « C’était un défi, explique-t-il, montrer que Gaza, ce n’est pas que la guerre et la mort. Nous aimons la vie, mais nous n’avons rien. Le KFC, ce n’est rien, bien sûr, mais il n’y en a pas à Gaza. »

« Ketchup et mayonnaise »
L’opération, largement promotionnelle, n’a duré qu’un mois, jusqu’à son « interdiction pour des raisons sanitaires » par les autorités de Gaza, au nom de la protection des consommateurs, avant même la destruction des tunnels, précise Haïtham al-Chami.
C’est ainsi que, selon l’économiste palestinien Omar Chaabane, de « société moderne », « nous sommes devenus une société sous assistance, nous dépendons de l’aide humanitaire internationale pour la nourriture », déplore-t-il.
Dans une tribune en octobre, le négociateur palestinien Mohammad Chtayyeh insistait aussi sur la prépondérance des causes politiques, rejetant le mirage d’une « paix économique » chère à l’émissaire du quartette (États-Unis, Russie, Union européenne, ONU) Tony Blair. « Ces dernières années, certaines parties internationales ont tenté de convaincre le monde que les solutions consistaient à enlever un barrage ou autoriser le ketchup et la mayonnaise à Gaza, écrivait-il, mais ce dont la Palestine a besoin, c’est la fin de l’occupation israélienne. »

(Source : AFP)
C’était le coup de publicité de l’année à Gaza : la livraison de fast-food sous la frontière avec l’Égypte. Depuis, les tunnels de contrebande ont été condamnés et les commandes ont chuté, comme l’ensemble de l’économie du territoire palestinien sous blocus israélien.Dans la zone frontalière de Rafah, la poussière soulevée par le fourmillement d’activités est retombée après la démolition de centaines de tunnels par l’armée égyptienne, à la suite de la destitution du président islamiste Mohammad Morsi. Depuis, le trafic de carburant égyptien subventionné s’est effondré, d’environ un million de litres par jour en juin, à 10 000 à 20 000 litres par semaine actuellement, selon le dernier rapport hebdomadaire du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU. Cette pénurie a...
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