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Moyen Orient et Monde - Espionnage

La relation très spéciale du GCHQ avec les USA

Les liens étroits unissant l’agence de surveillance britannique dénoncée par Edward Snowden à la NSA remonteraient à la Première Guerre mondiale.
Le très secret Government Communications Headquarters (GCHQ), pendant britannique de l’agence de sécurité américaine (NSA), est au cœur de la « relation spéciale » américano-britannique en matière d’espionnage, détaillée par Edward Snowden.
Le GCHQ, basé à Cheltenham, dans le Gloucestershire, dans le sud-ouest de l’Angleterre, dans un vaste bâtiment circulaire baptisé le « Doughnut », a ainsi été présenté comme l’un des acteurs principaux des écoutes massives des télécommunications dans le monde, notamment par le quotidien The Guardian qui s’est appuyé sur des documents rendus publics par Edward Snowden. Cet ancien consultant de la NSA américaine a téléchargé en 2012 des dizaines de milliers de documents secrets de la NSA et 50 000 du GCHQ. Selon ces éléments, la NSA aurait financé le GCHQ à hauteur de 118 millions d’euros au cours des trois dernières années. « Nous avons les cerveaux, ils (les Américains) ont l’argent », a confirmé David Omand, l’ancien directeur du GCHQ, dans une récente interview, appelant les Britanniques à « être fiers de cette collaboration ». Éric Dénécé, directeur du centre français de recherche sur le renseignement (CF2R) et ancien analyste du renseignement, a lui précisé qu’en termes de moyens, le GCHQ, qui emploie 5 500 personnes, « c’est en gros dix fois moins que la NSA et deux fois plus que les capacités techniques françaises (environ 2 500 personnes travaillent à la direction technique de la DGSE) ». « En termes de budget, le rapport est plutôt 1 à 3 et 1 à 30 » entre la France, le Royaume-Uni et les États-Unis.
Autre révélation des documents dévoilés par Snowden : la Grande-Bretagne aurait mis en place une vaste opération de surveillance baptisée « Tempora » avec un budget d’un milliard de livres et des bases secrètes dont au moins une au Moyen-Orient. Le quotidien The Independent en a pour sa part déduit l’existence d’un possible système d’écoutes secrètes sur le toit de l’ambassade britannique à Berlin. Le GCHQ aurait aussi obtenu un accès à plus de 200 câbles transatlantiques à fibres optiques de télécommunications (Internet et téléphone) et pourrait ainsi traiter 600 millions de données chaque jour, selon Edward Snowden qui le juge « pire que les Américains » en termes d’espionnage de données privées. Jeudi dernier, le chef du GCHQ, Iain Lobban, a d’ailleurs démenti devant une commission parlementaire toute surveillance à grande échelle de la population britannique. « Nous ne passons pas notre temps à écouter les appels téléphoniques ou à lire les e-mails de la majorité » de la population, a-t-il affirmé. Son prédécesseur, David Omand, avait déclaré plus tôt sur BBC Radio 4, sans élaborer, que « le GCHQ était en premier lieu une agence de renseignements tournée vers l’étranger ».
Autre éclairage sur l’étroite relation américano-britannique, selon les documents divulgués par l’Américain réfugié à Moscou : « 60 % de l’ensemble des renseignements aux mains des Britanniques semblent encore provenir de la NSA. » Les deux agences collaborent dans le cadre du réseau UKUSA Alliance, formé en 1948 entre les États-Unis et la Grande-Bretagne. L’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Canada s’y sont ensuite joints, formant désormais ce qui est appelé « les 5 Eyes ». Un ancien agent du renseignement britannique a déclaré sous couvert d’anonymat que cette coopération en matière d’écoutes remonte même à la Première Guerre mondiale et constitue l’un des piliers de ce que l’on a appelé la « relation spéciale » entre les deux pays. « La collaboration est si étroite qu’il est devenu difficile de savoir qui fait quoi. Il n’y a rien là de calculé... C’est juste le bazar dans l’organisation », a-t-il ajouté.
Pour Éric Dénécé, il y a un véritable « partage des tâches ». Il s’est notamment illustré lors de deux réunions du G20 en 2009 en Grande-Bretagne, lors desquelles les Américains avaient espionné le président russe Dmitri Medvedev quand les Britanniques surveillaient les Turcs et les Sud-Africains, selon les documents Snowden. D’après l’expert, les Américains se sont chargés de « l’interception de bandes passantes et d’écoutes satellitaires » quand les « écoutes au sol et l’interception d’ordinateurs ont été faites par les Britanniques ». Le GCHQ tout comme le Premier ministre David Cameron n’ont fait aucun commentaire sur ces accusations spécifiques.
(Source : AFP)
Le très secret Government Communications Headquarters (GCHQ), pendant britannique de l’agence de sécurité américaine (NSA), est au cœur de la « relation spéciale » américano-britannique en matière d’espionnage, détaillée par Edward Snowden.Le GCHQ, basé à Cheltenham, dans le Gloucestershire, dans le sud-ouest de l’Angleterre, dans un vaste bâtiment circulaire baptisé le « Doughnut », a ainsi été présenté comme l’un des acteurs principaux des écoutes massives des télécommunications dans le monde, notamment par le quotidien The Guardian qui s’est appuyé sur des documents rendus publics par Edward Snowden. Cet ancien consultant de la NSA américaine a téléchargé en 2012 des dizaines de milliers de documents secrets de la NSA et 50 000 du GCHQ. Selon ces éléments, la NSA aurait financé le GCHQ...
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