« Chaque fois que nous nous approchons d’une solution, il y a un attentat terroriste. Ce scénario est maintenant bien rodé, et ceux qui sont derrière ont compris qu’ils peuvent le répéter », a déclaré M. Marzouki dans un entretien au quotidien français Le Monde. Interrogé sur les forces qui cherchent, selon lui, à déstabiliser la Tunisie, Moncef Marzouki accuse « essentiellement les partisans de l’ancien régime, les réseaux de l’ère Ben Ali derrière lesquels il y a beaucoup d’argent ».
« Il y a aussi un veto de puissances arabes qui ne veulent pas que la transition démocratique réussisse en Tunisie », a ajouté M. Marzouki en évoquant des « facteurs exogènes à la région », mais sans les nommer. Il exclut toutefois l’Algérie et la Libye, avec qui la Tunisie entretient d’« excellentes relations ».
Selon le président tunisien, « une partie des salafistes agit pour elle-même ». « Une partie est manipulée. Je suis absolument persuadé de l’implication des partisans de l’ancien régime dans un certain nombre d’opérations de déstabilisation en Tunisie, et la police travaille aujourd’hui sur ces liens entre des forces mafieuses et des salafistes », a-t-il accusé. « On voudrait nous pousser vers un scénario égyptien », a-t-il dit en référence au coup d’État en Égypte qui a conduit à la destitution puis à l’arrestation le 3 juillet du président Mohammad Morsi. « Les terroristes ont leur propre logique, mais là, c’est une logique de politique interne : il faut faire avorter le processus démocratique. Qui y a intérêt? C’est évidemment l’ancien régime », a-t-il martelé.
La Tunisie est plongée dans une profonde crise politique après l’échec en début de semaine de pourparlers entre islamistes et opposants pour désigner un nouveau Premier ministre. La suspension du « dialogue national » intervient alors que le pays est confronté à l’essor des violences jihadistes qui ont culminé en octobre.
(Source : AFP)


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15 h 10, le 08 novembre 2013