Les Forces armées de la RDC (FARDC) ont repris dans la matinée la base militaire stratégique de Rumangabo, à une quarantaine de kilomètres au nord de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu.
Tenue par le M23 depuis plus d’un an, cette base servait auparavant de centre de formation régional à l’armée. Elle constitue le dernier verrou ouvrant la route de Bunagana, à la frontière ougandaise, où les responsables politiques de la rébellion ont installé leur base il y a plus d’un an. L’armée contrôlait en fin d’après-midi l’intégralité de la route menant de Goma à Rutshuru et Kiwanja, à 80 km plus au nord, après avoir éliminé une ultime poche de résistance à Kibumba (25 km au nord de Goma).
Les combats entre le M23 et l’armée avaient repris vendredi, après presque deux mois de trêve, et quatre jours après la suspension des pourparlers de paix entre les deux camps qui se déroulent à Kampala. L’ONU, l’Union européenne, les États-Unis et la France ont appelé à la reprise de ces négociations, mais le gouvernement, qui a répété à plusieurs reprises sa volonté d’anéantir la rébellion, ne donne pas l’impression de vouloir s’arrêter en si bon chemin. Peu de temps avant, l’envoyé spécial américain pour la région des Grands Lacs, Russell Feingold, de passage à Paris et évoquant « une poudrière », avait mis en garde : « Il y a d’énormes risques à continuer comme ça, en pensant que la solution militaire est l’unique réponse. (...) Cela risque d’attirer d’autres forces et pourrait conduire à une guerre croisée. »
Les deux camps n’ont cependant communiqué aucun bilan sur les victimes des combats. Selon le Bureau de l’ONU pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha), quelque 22 500 nouveaux déplacés seraient arrivés près de Goma, la plupart ayant « fui Kibumba et ses environs depuis près de 10 jours au vu de la préparation des opérations militaires ».
Par ailleurs, après l’annonce, dimanche, de la découverte de fosses communes à Kibumba, le ministère de la Défense a créé une commission d’enquête militaire chargée de faire la lumière sur ces charniers dans la zone évacuée par le M23.
(Source : AFP)

