Deux fronts avaient été ouverts dans l’instable et riche province du Nord-Kivu, le premier vendredi, le second samedi. Ce dernier se situe dans les environs de Kiwanja, à environ 80 km au nord de Goma, la capitale du Nord-Kivu. La Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco), chargée de la protection des civils et qui appuie l’armée sur le terrain, dispose d’une importante base à Kiwanja, où de nombreux déplacés ont trouvé refuge. « La Monusco y est à présent déployée, en lien avec les FARDC (Forces armées de RDC) », a déclaré hier un officier de la Monusco, sans plus de précision. Mais un lieutenant tanzanien de la brigade d’intervention de l’ONU a été abattu pendant le déploiement de la brigade avec l’armée à Kiwanja, a-t-il ajouté. Dans un communiqué, le M23 a donc annoncé son départ de Kiwanja « sans combat », et a menacé de quitter les pourparlers de paix de Kampala si la médiation du dialogue n’obtenait pas une « cessation immédiate des hostilités ». Auquel cas, il promet d’organiser une « contre-offensive de grande envergure contre toutes les positions ennemies ». Et en fin d’après-midi, les FARDC ont également conquis Rutshuru Centre, chef lieu de la région de Rutshuru.
Concernant le premier front ouvert vendredi, à Kibumba, à environ 25 km au nord de Goma, le gouverneur provincial a annoncé « l’existence de deux fosses communes ». Il a réclamé une « enquête internationale pour aller établir les responsabilités et le contenu avec des spécialistes », car « si on sort les corps nous-mêmes, j’ai peur qu’on nous prête des intentions ».
Issu en avril 2012 d’une mutinerie d’anciens rebelles intégrés dans l’armée congolaise, le M23 demande la pleine application de l’accord ayant régi l’incorporation en 2009. Il défend plus généralement les droits des populations congolaises rwandophones. Des experts de l’ONU accusent régulièrement le Rwanda et l’Ouganda voisins – malgré leurs démentis – de soutenir le M23.
(Source : AFP)

