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Moyen Orient et Monde - Élections

Margvelachvili donné vainqueur à la présidentielle géorgienne

Le successeur de Mikheïl Saakachvili devra notamment œuvrer à améliorer les relations avec la Russie.

La victoire de Guiorgui Margvelachvili (à gauche), le candidat du Premier ministre Bidzina Ivanichvili (à droite), marque la fin de l’époque tumultueuse de Mikheïl Saakachvili. David Mdzinarishvili/Reuters

Guiorgui Margvelachvili, le candidat du Premier ministre Bidzina Ivanichvili et ennemi juré du président sortant Mikheïl Saakachvili, est donné vainqueur de la présidentielle en Géorgie avec plus de 65 % des voix, selon des sondages réalisés hier à la sortie des bureaux de vote.
M. Margvelachvili, un philosophe peu connu du grand public, remporterait ainsi le scrutin dès le premier tour, battant David Bakradzé, candidat de Mikheïl Saakachvili (20,2 %), selon l’enquête diffusée par la chaîne de télévision Roustavi 2. Selon un autre sondage de la chaîne de télévision Imedi, M. Margvelachvili obtient 68 % des suffrages et M. Bakradzé 17,1 %.
Ce scrutin marque la fin de l’époque tumultueuse de M. Saakachvili, arrivé au pouvoir il y a dix ans à l’issue de la Révolution de la Rose, et du pouvoir présidentiel fort dans cette ex-république soviétique du Caucase de 4,5 millions d’habitants. « Aujourd’hui nous montrons que nous sommes de vrais Européens. Les gens peuvent faire librement leur choix », a déclaré à la presse le Premier ministre et milliardaire Bidzina Ivanichvili, après avoir voté pour son candidat. M. Ivanichvili s’est engagé à quitter la scène politique après l’élection et à désigner son successeur à la tête du gouvernement. M. Margvelachvili, ex-professeur de philosophie, âgé de 44 ans, sans expérience politique, est aux antipodes du flamboyant Saakachvili qui l’a taxé de « marionnette ». « Je veux remercier tous ceux qui m’ont soutenu. Merci au Premier ministre qui a contribué à ma victoire », a déclaré
M. Margvelachvili.
David Bakradzé a pour sa part aussitôt reconnu sa défaite. « Je félicite Guiorgui Margvelachvili pour sa victoire et la confiance que le peuple géorgien lui a accordée », a déclaré M. Bakradzé au cours d’un point de presse en soulignant qu’il faisait confiance aux sondages. M. Saakachvili, qui a voté à Tbilissi où il a été chahuté par ses détracteurs devant le bureau de vote, et dont le mouvement avait déjà été battu par M. Ivanichvili aux législatives d’octobre 2012, n’avait pas le droit de se présenter après deux mandats consécutifs. À la suite de ces élections contestées, le président aura moins de pouvoirs que le Premier ministre, en vertu d’une réforme constitutionnelle. « J’ai voté Margvelachvili parce que c’est une personnalité tout à fait différente de Saakachvili. Nous n’avons pas besoin d’un autre président impulsif et impétueux », souligne Serge Tsoutskiridzé, un professeur d’université. Ketevan Kourdovanidzé, 50 ans, a pour sa part soutenu David Bakradzé, un homme politique « modéré et expérimenté ». « Il nous faut deux forces politiques pour qu’elles se contrôlent réciproquement. »

Scrutin « pacifique, honnête et transparent »
Nino Bourdjanadzé, ancienne présidente charismatique du Parlement, alliée puis adversaire de Saakachvili en bons termes avec le président russe Vladimir Poutine, a obtenu moins de 10 % des voix, selon des sondages. Elle a déclaré qu’elle ne faisait pas confiance aux sondages et a réclamé l’organisation d’un second tour. Au cours du vote, l’ambassadeur des États-Unis en Géorgie, Richard Norland, a pourtant salué le déroulement « pacifique, honnête et transparent » du scrutin. De même, les observateurs de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) ont qualifié la campagne de « beaucoup plus calme » que celle des législatives d’octobre 2012, qui avaient vu la première passation des pouvoirs pacifique dans ce pays, après la défaite du camp Saakachvili. Depuis, plusieurs proches alliés de M. Saakachvili ont été arrêtés, suscitant l’inquiétude des capitales occidentales qui soupçonnent des poursuites politiquement motivées.
Aucun homme politique en Géorgie ne conteste le cap à l’Ouest prôné par Saakachvili, mais son successeur devra travailler dur pour améliorer les relations avec la Russie. Les deux pays n’ont plus de relations diplomatiques depuis la guerre de cinq jours d’août 2008 pour le contrôle du territoire séparatiste prorusse de l’Ossétie du Sud. La Russie a reconnu dans la foulée deux républiques séparatistes géorgiennes où sont stationnés des milliers de militaires russes.
Critiqué pour son style autoritaire et surtout pour la guerre désastreuse avec la Russie, M. Saakachvili a cependant réussi en dix ans à endiguer la corruption, à mettre en place des infrastructures et à relancer l’économie de ce pays qui avait connu après la chute de l’URSS en 1991 une guerre civile et la misère. Les réformes lancées par M. Saakachvili, un avocat formé aux États-Unis et en France, n’ont pas été appréciées par tous : le pays a connu plusieurs manifestations dont certaines ont été dispersées avec violence par la police.
(Source : AFP)
Guiorgui Margvelachvili, le candidat du Premier ministre Bidzina Ivanichvili et ennemi juré du président sortant Mikheïl Saakachvili, est donné vainqueur de la présidentielle en Géorgie avec plus de 65 % des voix, selon des sondages réalisés hier à la sortie des bureaux de vote. M. Margvelachvili, un philosophe peu connu du grand public, remporterait ainsi le scrutin dès le premier tour, battant David Bakradzé, candidat de Mikheïl Saakachvili (20,2 %), selon l’enquête diffusée par la chaîne de télévision Roustavi 2. Selon un autre sondage de la chaîne de télévision Imedi, M. Margvelachvili obtient 68 % des suffrages et M. Bakradzé 17,1 %.Ce scrutin marque la fin de l’époque tumultueuse de M. Saakachvili, arrivé au pouvoir il y a dix ans à l’issue de la Révolution de la Rose, et du pouvoir présidentiel...
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