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Moyen Orient et Monde - Immigration

Au « Salaam Palace » de Rome, des centaines de « victimes du système »

Ils l’appellent ironiquement « Salaam Palace », mais ce squat, qui accueille des centaines de réfugiés africains à Rome, illustre les difficultés de l’Italie à intégrer un flux croissant de migrants, thème abordé hier à Bruxelles.
Originaires pour la plupart des pays de la Corne de l’Afrique – Érythrée, Éthiopie, Somalie et Soudan –, quelque 1 250 personnes, dont 240 femmes et 60 enfants, vivent dans cette ancienne université, qualifiée de no man’s land. « Nous cherchons seulement à vivre en paix », explique Mahad, 27 ans, arrivé de Somalie il y a sept ans et qui tente de maintenir un semblant de tranquillité dans le bâtiment, où échouent des centaines de réfugiés désespérés en attente d’examen de leur demande d’asile. « Vivre ici ce n’est pas comme vivre chez nous, ce n’est pas une vraie maison, il y a des problèmes d’alcool, de bagarres. Quelques-uns finissent par devenir fous », explique Mahad. Plus loin, Fiore, une Érythréenne de 29 ans, mère d’un garçon de 16 mois, confie que l’endroit
ressemble « à un cauchemar dont on ne peut sortir indemne ». Les réfugiés préparent à la hâte des plats africains dans leurs chambres, dont des rideaux séparent les matelas et où les couvertures s’arrachent à prix d’or en ce début d’automne. « Ils n’ont nulle part où aller, explique Lorenzo Chialastri, membre de l’association catholique Caritas. Ils sont victimes du système. »
Début octobre, en l’espace d’une semaine, deux naufrages en Méditerranée ont fait quelque 400 morts, des migrants érythréens pour la plupart mais aussi syriens, au large des côtes de Malte et de l’île italienne de Lampedusa, dont la maire Giusi Nicolini a plaidé hier à Bruxelles pour que l’UE modifie sa politique d’immigration. Depuis ces « tragédies », selon les mots du chef du gouvernement italien Enrico Letta, les pays du sud de l’Europe ont la même demande. Mais pendant ce temps, les réfugiés en Italie continuent à vivre dans des conditions dégradantes, parfois depuis des années. Cette semaine, quelque 4 000 migrants regroupés au centre de Mineo en Sicile, surnommé le « village de la solidarité », ont provoqué une émeute pour protester contre les délais interminables de la bureaucratie italienne.
L’Italie a demandé au Bureau européen d’appui pour l’asile (EASO) de l’aider à améliorer ses centres d’accueil et à former du personnel destiné à mettre à pratique la circulaire dite de Dublin, qui impose au pays d’arrivée de traiter les demandes d’asile de chaque migrant qui arrive sur son territoire. Mais les réfugiés sont toujours plus nombreux. Environ 10 000 personnes demandent chaque année l’asile en Italie, dont « beaucoup sont traumatisés par ce qu’ils ont vécu dans leur pays » et ne bénéficient d’aucun soutien concret de la part des autorités, déplore M. Chialastri. Des millions d’euros sont dépensés chaque année pour l’aide aux réfugiés par le gouvernement italien, mais les associations estiment que ce n’est pas assez.
(Source : AFP)
Ils l’appellent ironiquement « Salaam Palace », mais ce squat, qui accueille des centaines de réfugiés africains à Rome, illustre les difficultés de l’Italie à intégrer un flux croissant de migrants, thème abordé hier à Bruxelles.Originaires pour la plupart des pays de la Corne de l’Afrique – Érythrée, Éthiopie, Somalie et Soudan –, quelque 1 250 personnes, dont 240 femmes et 60 enfants, vivent dans cette ancienne université, qualifiée de no man’s land. « Nous cherchons seulement à vivre en paix », explique Mahad, 27 ans, arrivé de Somalie il y a sept ans et qui tente de maintenir un semblant de tranquillité dans le bâtiment, où échouent des centaines de réfugiés désespérés en attente d’examen de leur demande d’asile. « Vivre ici ce n’est pas comme vivre chez nous, ce n’est pas une...
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