Né à New York en 1908, William Haoui avait regagné le Liban avec ses parents à l’âge de 2 ans. Il avait rejoint les rangs du parti Kataëb en 1937. Il avait été élu membre du bureau politique en 1952, et depuis, il avait pris en charge la structuration et l’organisation de la section des jeunes au sein des Kataëb. L’importance de l’inlassable action qu’il avait menée sur ce plan était apparue au grand jour à l’occasion des événements qui devaient secouer le pays au cours de plusieurs phases de l’histoire contemporaine du Liban. Il avait notamment joué un rôle-clé lors des manifestations et du mouvement de fronde organisés par les Kataëb et le parti Najjadé dans le cadre de la bataille pour l’indépendance du Liban, en 1943. Il avait alors été poursuivi par les autorités mandataires qui avaient entrepris des perquisitions dans l’usine qui lui appartenait, à la place Debbas.
De 1952 à 1961, William Haoui avait été membre du conseil municipal de Beyrouth et s’était consacré dans ce cadre au service de la chose publique. Son appartenance au parti Kataëb ne l’avait pas empêché d’entretenir de solides amitiés dans tous les milieux, notamment au niveau de la rue musulmane. En 1957, le parti Kataëb avait décidé de présenter sa candidature à l’occasion des élections législatives pour pourvoir au siège grec-orthodoxe de Beyrouth. Le régime en place à l’époque avait toutefois farouchement combattu cette candidature et avait empêché diverses forces vives de la capitale d’appuyer William Haoui. Soumis à de fortes pressions pour qu’il se retire de la course, il avait malgré tout maintenu sa candidature en tant qu’indépendant, enregistrant un score important qui avait illustré la force électorale et l’importance de l’assise populaire des Kataëb dans la capitale.
En dépit du fait qu’il était hostile à l’usage de la violence, il avait été chargé par le parti de fonder et de diriger la milice Kataëb. À la suite du déclenchement de la guerre libanaise en avril 1975, il avait été amené à conduire les combattants Kataëb, mais il s’était illustré par ses efforts visant à empêcher tout débordement milicien et toute atteinte aux civils. Les habitants du quartier Beydoun, à Achrafieh, où il résidait, pouvaient dans ce cadre témoigner des démarches qu’il ne cessait de déployer afin d’éviter toute atteinte à la population ou aux biens privés et publics dans ce quartier.
William Haoui s’était plus particulièrement distingué par son intervention ferme afin de stopper le déchaînement de violence intervenu lors du funeste « samedi noir » qui avait suivi l’assassinat de miliciens Kataëb à Aïn Saadé, à la périphérie du camp palestinien de Tell el-Zaatar.
C’est à la fin de la bataille de Tell el-Zaatar qu’il devait être tué le 13 juillet 1976 par un tireur embusqué, d’une balle dans la tête, alors qu’il s’employait à œuvrer avec la Croix-Rouge libanaise à assurer l’évacuation des civils et la reddition des miliciens palestiniens retranchés dans le camp.


Un héros...comme on n'en fait plus!
13 h 51, le 25 octobre 2013